Le jeudi 1er janvier 2026, l’ambiance était contrastée dans les rues de Bukavu. Si certains habitants ont pu célébrer le passage à la nouvelle année dans la joie, une grande partie de la population est restée en marge des festivités, terrassée par une crise socio-économique qui ne dit pas son nom.
À travers les trois communes de la ville, le constat est le même .La fête n’a pas eu la même saveur pour tout le monde. Pour une catégorie de Bukaviens, le passage à 2026 a été l’occasion de se retrouver. Entre repas partagés et retrouvailles, ces habitants affirment avoir fêté « convenablement » en compagnie de la famille, des amis et des connaissances, préservant ainsi la tradition de convivialité propre à la province du Sud-Kivu.
Cependant, derrière les éclats de rire de certains se cache une réalité plus sombre pour de nombreux foyers. De Kadutu à Bagira, en passant par la commune d’Ibanda, les témoignages recueillis peignent un tableau précaire.
Plusieurs chefs de familles expliquent l’absence de festivités par un manque criant de moyens financiers.
En cause,le non-paiement des salaires de nombreux agents de l’État et le taux de chômage galopant qui frappe de plein fouet les ménages.
Le bilan de l’année 2025, décrite par beaucoup comme une année loin d’être « rose » sur le plan financier.
« Nous avons passé la journée dans la méditation. Sans salaire et sans emploi stable, comment peut-on s’offrir le luxe d’une fête ? » confie un habitant de Bagira.
Faute de moyens pour festoyer, beaucoup de Bukaviens ont choisi de se tourner vers la spiritualité. Les églises et les lieux de recueillement ont fait le plein ce jeudi. Pour ces citoyens, ce premier jour de l’an 2026 a été consacré à la prière afin que cette nouvelle année soit bénéfique au peuple congolais.
Au-delà de la situation économique, c’est la question sécuritaire qui demeure au centre des préoccupations. Le vœu le plus cher exprimé par les habitants est celui du rétablissement de la paix sur l’ensemble du territoire national.
Le message de la population est clair : pour que 2026 soit réellement une année de changement, il est impératif que les parties en conflit déposent les armes. Les Bukaviens appellent de leurs vœux la tenue de discussions sincères autour d’une table pour mettre fin à l’instabilité en RDC.

