À Uvira, les femmes enceintes vivant dans les zones touchées par les conflits font face à de sérieuses difficultés d’accès aux soins maternels. L’insécurité persistante, les ruptures de médicaments, le manque d’équipements, l’insuffisance du personnel soignant et la précarité des ménages compromettent les consultations prénatales ainsi que les accouchements sécurisés, exposant davantage les mères et les nouveau-nés.
Une femme enceinte rencontrée dans une structure sanitaire témoigne de la dégradation des conditions de prise en charge depuis le début de la crise.
« Depuis que la guerre a commencé, nous avons beaucoup de difficultés pour trouver les médicaments. Lors des consultations prénatales, nous recevons moins de comprimés qu’auparavant. Nous manquons également de moustiquaires alors qu’elles sont indispensables pour nous protéger contre le paludisme. Les maternités ne disposent pas toujours de kits d’accouchement, les lits sont insuffisants et il n’y a souvent qu’un seul prestataire de santé pour assurer les soins », explique-t-elle.
Selon elle, l’insécurité et les difficultés économiques empêchent de nombreuses femmes d’accéder aux soins à temps. Elle appelle les organisations humanitaires à renforcer leur soutien en médicaments et en équipements destinés aux femmes enceintes afin de protéger les mères et leurs bébés.Pour Tony Musobwa, expert en genre et mobilisation communautaire, les structures sanitaires d’Uvira sont confrontées à plusieurs défis majeurs. « L’insécurité persistante, les déplacements de populations, le manque de personnel qualifié, les ruptures fréquentes de médicaments et de matériel médical, ainsi que les difficultés de transport pour les urgences obstétricales compromettent la qualité des services de santé maternelle », affirme-t-il.
Il souligne également que les difficultés économiques limitent l’accès aux consultations prénatales et aux accouchements assistés. Malgré l’appui ponctuel des partenaires humanitaires, notamment à travers des formations et des dons de matériel, les besoins restent importants. « Les ruptures d’approvisionnement persistent. Le manque de sages-femmes, de médecins qualifiés et d’équipements obstétricaux compromet la qualité des soins. Cette situation contribue malheureusement à l’augmentation des décès maternels et néonatals », précise l’expert.
Ces insuffisances entraînent des complications obstétricales non prises en charge à temps, des accouchements à domicile sans assistance médicale, ainsi que des infections, des hémorragies et des décès évitables. De son côté, Abigaël Bitondo, de l’organisation Genre Actif pour un Devenir meilleur “GAD, estime que les conséquences de la crise dépassent le cadre sanitaire. Les déplacements de populations éloignent les femmes enceintes des structures de santé, tandis que les traumatismes liés aux conflits affectent leur santé mentale et le suivi de leur grossesse. « Les femmes enceintes vivant dans les zones touchées par les conflits doivent être accompagnées médicalement tout au long de leur grossesse. Il est indispensable de renforcer la sensibilisation sur l’importance des consultations prénatales et de rapprocher les services de santé des communautés », recommande-t-elle.
Elle plaide également pour une meilleure information sur le coût des soins.
« Les structures sanitaires devraient afficher clairement les tarifs des consultations prénatales, des accouchements et des soins aux nouveau-nés. Beaucoup de femmes pensent que les soins sont trop chers alors que certaines structures proposent des services gratuits ou à faible coût grâce à l’appui des partenaires. Une meilleure information permettrait d’améliorer leur fréquentation », souligne-t-elle.
Face à cette situation, les acteurs de la santé appellent les autorités, les partenaires humanitaires et les organisations de la société civile à renforcer l’approvisionnement en médicaments et en équipements, à augmenter les effectifs qualifiés dans les maternités, à rapprocher les services de santé des populations déplacées et à intensifier la sensibilisation communautaire. Selon eux, l’amélioration de l’accès aux soins maternels en période de crise demeure essentielle pour réduire la mortalité maternelle et néonatale et garantir à chaque femme le droit à une grossesse et à un accouchement dans des conditions de sécurité.
Article rédigé dans le cadre du projet Habari za Mahali, financé par La Benevolencija et exécuté à Uvira par le consortium UNPC, COMEL-RDC et UFM






























































































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