Face aux crises humanitaires et sécuritaires récurrentes qui frappent Uvira, au Sud-Kivu, les initiatives locales se multiplient afin de reconstruire le tissu social et économique fragilisé par des années d’instabilité.
Malgré des ressources limitées, les mécanismes communautaires d’entraide, de solidarité et de médiation des conflits se renforcent progressivement. Selon Bwaja Mulogoto, président du Barza intercommunautaire, cette cohésion interne constitue un levier essentiel pour atténuer les conséquences de l’insécurité et des déplacements forcés de populations.
Sur le plan économique, l’amélioration relative de la situation sécuritaire dans certaines localités encourage progressivement les populations déplacées à regagner leurs terres agricoles et à reprendre leurs activités de subsistance.
« Après le départ des rebelles, nous avons jugé bon de retourner faire notre travail, car c’est grâce à cela que nous vivons », témoigne un agriculteur local. Celui-ci explique avoir désormais recours à des systèmes d’arrosage afin de préparer les cultures en prévision de la prochaine saison des pluies.
Pour l’expert en développement rural Mapenzi Manyebwa, l’agriculture et l’élevage représentent les secteurs les plus prometteurs pour consolider durablement la résilience des communautés d’Uvira. Selon lui, ces activités contribuent non seulement à renforcer la sécurité alimentaire, mais également à créer des emplois locaux et à lutter efficacement contre la malnutrition chronique qui affecte une grande partie de la population.
La résilience communautaire repose également sur l’implication active des jeunes et des femmes, considérés comme des acteurs incontournables dans la consolidation de la paix et la prévention des conflits. Toutefois, Willy Seremba, coordonnateur adjoint de Cripad, souligne que ces catégories de la population demeurent confrontées à d’importants obstacles financiers et techniques. Il estime qu’un renforcement de leurs capacités est indispensable afin de leur permettre de devenir de véritables moteurs du développement local.
Alors que les communautés poursuivent leurs efforts pour reconstruire leur cadre de vie, un appel pressant est lancé au Gouvernement de la République démocratique du Congo, aux agences des Nations unies ainsi qu’aux organisations non gouvernementales internationales présentes à Uvira.
Au-delà de l’assistance humanitaire d’urgence, les acteurs locaux plaident pour un engagement accru en faveur d’un accompagnement économique durable, notamment à travers le financement d’activités génératrices de revenus, afin de renforcer l’autonomie des populations et de consolider les acquis en matière de résilience.
Article rédigé dans le cadre du projet HABARI ZA MAHALI, financé par La Benevolencija et mis en œuvre par le consortium UNPC, COMEL-RDC et UFMP.

