Uvira : l’accès aux soins prénatals reste un défi pour de nombreuses femmes enceintes

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À Uvira, au Sud-Kivu, de nombreuses femmes enceintes continuent de faire face à d’importantes difficultés pour accéder aux soins prénatals, pourtant essentiels à la santé de la mère et de l’enfant. Les longues distances à parcourir, le manque de moyens financiers, l’insuffisance des infrastructures sanitaires et l’insécurité persistante dans certaines localités limitent encore l’accès régulier aux consultations prénatales.
Plusieurs femmes enceintes estiment que l’appui des organisations humanitaires pourrait contribuer à améliorer cette situation en facilitant l’accès aux soins et en renforçant les services de santé maternelle.
« Nous avons accès aux soins et recevons des médicaments. Il y a également un suivi, mais nous manquons de conseils adaptés aux femmes enceintes. La plupart des prestataires qui nous suivent sont des infirmiers hommes et, parfois, nous ne comprenons pas bien leurs explications. Nous souhaiterions qu’il y ait davantage de femmes infirmières dans les consultations prénatales. Le paiement des fiches constitue aussi un obstacle lorsque nous n’avons pas d’argent. À la consultation prénatale, il n’y a rien de vraiment particulier. À mon avis, c’est Dieu seul qui veille sur notre vie jusqu’à l’accouchement », témoigne Angeline Nyenyezi.

Le docteur Abdoulaye, de l’organisation Médecins du Monde, souligne que les organisations humanitaires apportent déjà un appui important à l’amélioration des soins de santé maternelle, notamment à travers le renforcement des services destinés aux femmes enceintes.
Les professionnels de santé reconnaissent également les difficultés auxquelles les structures sanitaires sont confrontées. Selon Sosthène Jérémie, infirmier titulaire du Centre Médical Tanganyika, plusieurs établissements ne disposent pas encore des infrastructures, des équipements et des ressources humaines nécessaires pour répondre efficacement aux besoins des femmes enceintes et des nouveau-nés.
Il plaide pour un renforcement des infrastructures sanitaires avec l’appui des partenaires humanitaires afin d’améliorer durablement la santé maternelle et infantile dans la région.

Au-delà des difficultés d’accès aux soins, les femmes enceintes restent particulièrement exposées aux violences et aux abus, un phénomène aggravé par le contexte sécuritaire dans l’est de la République démocratique du Congo.
Pour Jean-Claude Nyange, membre de l’organisation Jeune Solutions (anciennement Jeunes Méthodistes), il est indispensable de renforcer les mécanismes communautaires de prévention, de protection et d’accompagnement.
« Nous vivons dans un contexte de guerre où les violences constituent malheureusement l’une des conséquences du conflit. Même les femmes enceintes sont victimes de violences sexuelles. Elles sont déjà vulnérables en raison de leur état et ces violences peuvent avoir de graves conséquences sur leur santé psychologique ainsi que sur celle de l’enfant à naître. Il est nécessaire de sensibiliser les femmes enceintes à leurs droits, de leur expliquer comment les revendiquer et auprès de qui s’adresser. Beaucoup ignorent encore les mécanismes de protection existants. Il faut également sensibiliser l’ensemble de la communauté à la protection des femmes enceintes. Dans notre organisation, nous accordons une attention particulière aux femmes vulnérables, notamment celles qui sont enceintes », explique-t-il.

Les différents intervenants s’accordent sur la nécessité de renforcer les services de santé maternelle, d’améliorer l’accès aux consultations prénatales et de consolider les mécanismes de protection des femmes enceintes. Ils estiment que la collaboration entre les autorités sanitaires, les organisations humanitaires et les acteurs communautaires demeure essentielle pour réduire les risques liés à la grossesse et garantir aux femmes enceintes un environnement plus sûr.

Article réalisé dans le cadre de la campagne « Habari za Mahali », exécutée par le consortium UNPC–COMEL–UFMP avec l’appui financier de son partenaire.

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