Kabare-Kalehe : les autochtones veulent gérer eux-mêmes les projets autour du parc de Kahuzi-Biega

0
168

Kabare, Sud-Kivu : Une formation stratégique de dix jours réunit à Murhesa une douzaine de représentants des organisations autochtones Batwa des territoires de Kabare et Kalehe. Objectif : renforcer leur structuration administrative et leur permettre de gérer directement des projets de développement local.

Organisé dans le cadre du programme Gestion Intégrée des Aires Protégées Phase II, mis en œuvre par l’Institut Congolais pour la Conservation de la Nature avec l’appui de KfW, cet atelier met l’accent sur la gouvernance, les manuels de procédures et les outils de gestion des organisations.

Selon Bahati Lukoo Emmanuel, cette initiative répond à une demande ancienne des communautés : « Dans le passé, les organisations autochtones ont souhaité bénéficier directement des subventions pour mener leurs activités. »

Sur le terrain, les attentes sont fortes. Aline Wetewabo salue une opportunité de changement. Elle dénonce des pratiques passées où les communautés étaient peu impliquées dans les projets censés les soutenir.

« Nous étions des organisations sans structuration. D’autres venaient avec des moyens, mais nous n’étions pas associés. L’argent circulait, mais notre situation ne changeait pas », explique-t-elle, évoquant également des cas d’accès limité à des terres ou infrastructures pourtant destinées aux autochtones.

Pour Donatien Munyali Kacibasa, cette formation marque une étape importante dans la mise en œuvre de la feuille de route engagée depuis 2019 pour la protection du Parc National de Kahuzi-Biega.

« Les organisations autochtones doivent devenir des partenaires crédibles dans la conservation. Elles sont appelées à défendre à la fois l’environnement et leurs droits », souligne-t-il.

À travers cette initiative, les organisateurs espèrent réduire la pression sur les ressources naturelles du parc, en renforçant l’autonomie des communautés locales.

À Murhesa, cette formation ouvre ainsi la voie à une nouvelle dynamique : celle d’une gestion plus inclusive des projets et d’une implication directe des autochtones dans la protection de leur environnement.

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here