Le besoin d’accès à l’irrigation pour les agriculteurs d’Uvira face aux effets de la saison sèche

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A Uvira, dans la province du Sud-Kivu à l’est de la République démocratique du Congo, le manque d’irrigation a des conséquences sur la production agricole.  Des agriculteurs développent des stratégies pour faire face à la sécheresse afin de répondre aux besoins d’accompagnement exprimés par les acteurs du secteur.
Selon David Kashindi, la sécheresse entraîne une diminution importante des ressources en eau, notamment des eaux souterraines. Cette situation affecte directement les cultures et réduit les rendements agricoles. En l’absence d’eau et d’humidité suffisante dans le sol, les plantes souffrent, leur croissance ralentit et elles peuvent même se flétrir.

Cette baisse de production est aggravée par les perturbations des saisons et du calendrier agricole observées ces dernières années.
Les agriculteurs font également face à d’importantes difficultés d’accès à l’eau. Les points d’approvisionnement sont souvent éloignés des champs et leur exploitation nécessite des moyens financiers dont beaucoup ne disposent pas. Certains doivent acheter de l’eau ou financer des systèmes de canalisation. À ces contraintes s’ajoutent des problèmes d’insécurité humaine et environnementale qui compliquent davantage les activités d’irrigation.

Le manque d’eau a des répercussions directes sur les revenus des ménages et sur la sécurité alimentaire. David Kashindi explique que lorsque la production diminue, les denrées alimentaires deviennent rares sur les marchés et leurs prix augmentent. Les ménages peinent alors à se procurer certains produits, accentuant ainsi l’insécurité alimentaire dans la région.
Face à cette situation, certains agriculteurs développent des stratégies d’adaptation. Feza Lucie, membre de l’association APBD, indique que l’irrigation constitue aujourd’hui l’une des méthodes les plus efficaces pour maintenir la production pendant la saison sèche.

Toutefois, les agriculteurs manquent d’équipements adaptés tels que les réservoirs d’eau, les pompes et les machines d’arrosage. Son organisation exploite plus de 10 000 bananiers dans la plaine de la Ruzizi, mais l’arrosage manuel à l’aide d’arrosoirs reste une tâche longue et contraignante.
Pour pallier ces difficultés, certains producteurs utilisent la technique des fosses de rétention d’eau. Cette méthode consiste à creuser des trous où l’eau est stockée afin d’alimenter progressivement les cultures. Cependant, de nombreux agriculteurs ne peuvent pas adopter cette pratique faute de ressources financières.
Pour Filippe Bahunde, agronome à la coopérative Mikono ya Wajenzi, les solutions durables reposent principalement sur deux axes : le renforcement de la capacité des canaux d’irrigation et l’amélioration de l’accès aux crédits agricoles.

Selon lui, ces mécanismes demeurent insuffisamment développés dans la plaine de la Ruzizi et dans l’ensemble du territoire d’Uvira.
Les agriculteurs plaident également pour des investissements dans les infrastructures hydrauliques. Buloze Esengo, riziculteur de la cité de Sange, appelle à la construction d’un barrage moderne afin de garantir un approvisionnement régulier en eau dans les canaux d’irrigation. Il estime qu’un barrage bien aménagé permettrait d’améliorer les rendements agricoles en limitant les perturbations de la distribution de l’eau.
Par ailleurs, les producteurs sollicitent un appui financier pour le curage et l’entretien des canaux principaux et secondaires. Selon Buloze Esengo, un réseau de canaux bien entretenu favoriserait une meilleure circulation de l’eau jusqu’aux rizières et contribuerait à renforcer la production agricole malgré les périodes de sécheresse.

Cet article a été rédigé dans le cadre du projet HABARI ZA MAHALI, financé par la Benevolencija et mis en œuvre à Uvira par le consortium UNPC, COMEL-RDC et UFMP.

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