Sud-Kivu: L’aide humanitaire et les déplacements entravés dans les Hauts Plateaux (HRW).

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‎Les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et les groupes armés actifs dans les Hauts Plateaux du Sud-Kivu entravent l’acheminement de l’aide humanitaire et empêchent les civils de fuir les combats dans l’est du pays, a déclaré ce 15 avril 2026 Human Rights Watch (HRW).

‎Le Conseil de sécurité des Nations Unies, qui se réunit sur la situation en RD Congo ce 15 avril 2026, devrait appeler toutes les parties belligérantes à faciliter l’accès humanitaire ainsi que le passage sécurisé des civils. Il devrait également envisager de nouvelles sanctions à l’encontre des commandants responsables d’exactions.

‎« Les civils des Hauts Plateaux du Sud-Kivu sont confrontés à une crise humanitaire grave et vivent dans la crainte des abus commis par toutes les parties », a déclaré Clémentine de Montjoye, chercheuse senior sur la région des Grands Lacs à Human Rights Watch. « Il est impératif d’accorder davantage d’attention à ce conflit largement sous-médiatisé, faute de quoi cette situation déplorable ne fera qu’empirer. »

‎Human Rights Watch a mené des entretiens avec six sources à Minembwe, principale ville des Hauts Plateaux actuellement sous le contrôle des groupes armés Twirwaneho et du M23. Quatre autres sources ont été interrogées à Baraka (territoire de Fizi), zone contrôlée par l’armée congolaise et les milices Wazalendo. L’organisation a également consulté plus d’une douzaine d’acteurs humanitaires, militaires, diplomatiques et membres de la société civile. Enfin, HRW a analysé des rapports, des photographies et une vidéo documentant deux attaques manifestes de drones.

‎L’ONU a qualifié de « sévères » les restrictions pesant sur l’accès humanitaire dans les Hauts Plateaux, zone englobant des parties des territoires de Fizi, Mwenga et Uvira. Les incidents de sécurité impliquant l’armée et les groupes armés se sont multipliés depuis le retrait total de la MONUSCO de la province en juin 2024. Ce retrait, fruit d’un accord entre l’ONU et Kinshasa, a laissé un vide sécuritaire où les informations sur les violations des droits humains sont rares, l’accès à la zone et les télécommunications étant extrêmement limités.

‎Recrudescence des frappes aériennes
‎Human Rights Watch a reçu des informations crédibles concernant huit incidents liés à des frappes de drones dans le Sud-Kivu entre janvier et mars 2026. L’analyse des données du projet ACLED (Armed Conflict Location & Event Data Project) confirme une augmentation significative des frappes aériennes dans les Hauts Plateaux depuis novembre 2025.

‎Ce conflit de longue date oppose deux blocs principaux :

‎D’un côté : Le groupe Twirwaneho (issu de la communauté Banyamulenge), désormais allié aux forces rwandaises et au M23, et soupçonné de liens avec certains groupes armés burundais.

‎De l’autre : Les FARDC soutenues par les milices Wazalendo (anciennes Maï-Maï), issues notamment des communautés Babembe, Bafuliru et Banyiundu.

‎Selon des sources sécuritaires, l’armée burundaise compterait actuellement environ 4 000 soldats déployés dans les territoires de Fizi et de Mwenga pour combattre aux côtés des forces loyalistes congolaises.

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