Uvira : insécurité persistante et défis de protection dans les sites humanitaire

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À Uvira, dans la partie sud de la province du Sud-Kivu, la dégradation continue de la situation sécuritaire pèse lourdement sur les populations déplacées. Entre peur permanente, précarité extrême et risques accrus de violences basées sur le genre, la crise humanitaire met à rude épreuve la résilience des communautés ainsi que les stratégies des acteurs humanitaires.

À Uvira, les vagues de déplacements se succèdent au rythme des affrontements armés. Des milliers de familles vivent dans des conditions précaires, souvent sans abris adéquats, exposées aux maladies et à l’insécurité alimentaire.

Dans ce contexte, l’insécurité ne se limite pas aux zones de conflit : elle s’invite également dans les sites de déplacés. Attaques, barrières illégales et présence de groupes armés restreignent la mobilité des populations et renforcent un climat de peur au quotidien.

Cette situation a comme conséquence directe : un sentiment d’abandon et d’incertitude s’installe. Les déplacés hésitent à circuler librement, à chercher des moyens de subsistance ou même à accéder à l’aide humanitaire. La promiscuité dans des sites surpeuplés accentue encore les tensions sociales et les risques de violences.

« Nous avons connu quelques cas d’insécurité : le premier remonte au mois de décembre 2025, lorsque deux filles ont été violées par des hommes armés non identifiés ; le deuxième concerne la torture inhumaine qu’ont subie deux jeunes au mois d’août pour des raisons inconnues. Nous avons dénoncé ces cas aux autorités, mais nous n’avons jamais obtenu de solution pour sécuriser le site. Cela nous fait peur car, bien que nous soyons dans un quartier peuplé, nos abris ne sont pas assez solides pour nous protéger », a indiqué Anatole Katonga, chef du site de déplacés de la 8ᵉ CEPAC/Kasenga.

Il poursuit ,  « Le site comprend trois blocs, mais ne possède que trois lampadaires. Nous avons besoin de plus d’éclairage pour notre sécurité. Nous organisons parfois des rondes de surveillance, mais elles ne sont pas régulières. Nous demandons aux autorités d’installer un bureau de police à proximité afin que nous puissions vivre et dormir paisiblement. »

Les femmes et les filles paient le prix le plus lourd de cette insécurité. Dans les zones d’Uvira, l’augmentation des cas de violences basées sur le genre (VBG) est régulièrement signalée, dans un contexte marqué par la pauvreté, le déplacement et la désintégration des structures familiales. Les risques sont particulièrement élevés lors : de la collecte d’eau ou de bois de chauffage, des déplacements nocturnes, de l’absence d’éclairage dans les sites, du manque d’espaces sécurisés.

À cela s’ajoute un accès limité aux services de prise en charge, aggravé par l’insécurité et les contraintes logistiques.

Mfula Gloria Faty, juriste et membre de Boost Global Training Center, alerte sur le manque d’infrastructure sanitaires adaptées, notamment l’absence des latrines  non mixtes ainsi que l’insuffissance des services de protection . Cette précarité  expose davantage les femmes  à des infections graves et accroît leur vulnérabilité face aux agressions sexuelles. »

« Il est impératif de renforcer les mécanismes de prévention, notamment par la construction de latrines non mixtes et la mise en place d’équipes de suivi dédiées à la protection et à la dignité des femmes, ajoute-t-elle.

La situation à Uvira illustre les défis complexes auxquels font face les acteurs humanitaires : répondre aux besoins immédiats tout en renforçant la protection des populations vulnérables dans un environnement instable. Nos sources proposent l’améliorer l’éclairage dans les sites

renforcer la présence sécuritaire, développer des infrastructures adaptées (latrines, abris, garantir un accès sûr aux services de base, intensifier les programmes de prévention des VBG)

Article rédigé dans le cadre du projet HABARI ZA MAHALI financé par la Benevolencija et exécuté à Uvira par le consortium UNPC, COMEL-RDC et UFMP.

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