Depuis le 6 avril 2026, de nouveaux mouvements de population sont enregistrés dans le groupement de Ziralo, en territoire de Kalehe, à la suite de l’intensification des combats. La situation humanitaire dans cette partie de la province du Sud-Kivu demeure préoccupante. Entre déplacements massifs, insécurité alimentaire et manque d’assistance, des milliers de familles vivent dans des conditions extrêmement précaires.
A Ziralo, les déplacés livrés à eux-mêmes après les affrontements. Selon plusieurs témoignages recueillis sur place, des bombardements ont causé d’importants dégâts matériels et humains, contraignant les habitants à fuir vers des zones jugées plus sécurisées, notamment Biriko, Lulambo (dans le groupement de Walowalwanda en territoire de Walikale), certains villages de Mubuku à Bunyakiri, ou encore vers la brousse.
Dans ces zones d’accueil, les conditions de vie sont alarmantes : absence d’abris, manque de nourriture, accès limité à l’eau potable, inexistence d’installations sanitaires et difficultés d’accès aux soins de santé de qualité.
Cette précarité expose les déplacés à des maladies infectieuses, hydriques et à la malnutrition, aggravant davantage leur vulnérabilité.
Face à cette situation, les déplacés lancent un appel urgent aux organisations humanitaires pour une assistance en vivres, non-vivres et soins médicaux.
Des déplacés oubliés dans une crise économique persistante à Kabare
Dans le territoire de Kabare, la situation est tout aussi préoccupante. Plusieurs personnes affectées par les conflits armés affirment n’avoir jamais bénéficié d’une assistance humanitaire.
Les témoignages recueillis font état d’un quotidien marqué par la faim et la perte totale des moyens de subsistance. Dans certains sites, des familles passent des journées entières sans manger, avec une vulnérabilité accrue chez les femmes et les enfants.
Cette situation est exacerbée par la crise économique actuelle, qui limite davantage l’accès aux denrées alimentaires et aux biens essentiels.
Les populations affectées appellent à une intervention rapide des organisations humanitaires pour leur venir en aide.
Une lueur d’espoir grâce à l’assistance alimentaire à Walungu
Dans le territoire de Walungu, précisément dans le groupement de Kamisimbi, certains déplacés commencent à retrouver un peu d’espoir grâce à l’appui du Programme Alimentaire Mondial.
Les bénéficiaires indiquent avoir reçu des vivres tels que des petits pois, de la farine de maïs et de l’huile végétale. Une aide saluée, bien qu’insuffisante face à l’ampleur des besoins.
Au-delà de l’assistance alimentaire, les déplacés expriment un besoin crucial d’accompagnement vers l’autonomie, notamment à travers la distribution de semences agricoles et un appui en élevage.
« Recevoir à manger est important, mais apprendre à produire est encore plus essentiel », témoigne un bénéficiaire.
Certains plaident également pour une meilleure organisation dans la distribution de l’aide afin d’éviter des tensions liées au ciblage des bénéficiaires, ainsi que pour des formations favorisant la cohésion sociale et le vivre-ensemble.
Face à l’urgence et à l’ampleur des besoins, les acteurs humanitaires sont appelés à intensifier leurs interventions, tout en intégrant des solutions durables axées sur la relance agricole, la sécurité alimentaire et la reconstruction du tissu social.
Article produit dans le cadre du projet « Habari za Mahali ». Un projet du consortium RATECO, REMEL-GL avec le soutien de Media4Dialogue de LaBenévolencia.

