Maniema : L’écotourisme, une « entreprise oubliée » que déplore Radar Nishuli

0
157

Intervenant lors de la première conférence du 08 au 10 avril 2026, consacrée à l’agriculture, l’environnement, le tourisme et l’eau, Radar Nishuli, Directeur Chef de Site du Parc National de la Lomami (PNL) au Maniema pour l’ICCN, a dénoncé l’abandon du secteur de l’écotourisme dans cette province.

Selon lui, le Maniema regorge d’espèces rares absentes des autres provinces de la région. Radar Nishuli a souligné que le potentiel touristique de la province répertorie 121 sites d’intérêt. Il a notamment mis en avant cinq espèces emblématiques de la RDC présentes au Maniema : l’Okapi, le Gorille de plaine, le Lesula (un singe découvert pour la première fois dans cette province), le Bonobo (présentant ici des caractéristiques uniques) et d’autres encore.

Le Chef de Site du PNL regrette de constater que d’autres pays africains, pourtant moins dotés en biodiversité unique, génèrent des revenus colossaux grâce au tourisme. Il a cité en exemple le Kenya (2 milliards de dollars en 2023), la Tanzanie (4 milliards en 2024) et l’Afrique du Sud (6 milliards).

Pour l’expert, le constat est amer : malgré ces cinq espèces rares, dont deux récemment mises en lumière, le résultat économique pour le Maniema reste nul.

Radar Nishuli a profité de cette tribune pour exprimer son désarroi personnel face aux obstacles rencontrés sur le terrain :

« On perd du temps à se jeter des pierres au lieu de s’occuper de l’essentiel. Je ne suis pas originaire du Maniema, et j’étais même sur le point de démissionner, mais le Gouverneur m’a demandé de patienter. Alors que je tente d’organiser le travail pour valoriser le parc, je suis convoqué chaque semaine devant les tribunaux pour des dossiers parfois internes à l’ICCN. Je suis presque découragé », a-t-il déploré.

Il a rappelé qu’aucun développement n’est possible sans paix, soulignant que celle-ci commence par la cohabitation entre voisins. « C’est quand l’ennemi nous trouve divisés qu’il parvient à nous pénétrer », a-t-il averti.

Abordant le volet du tourisme culturel, il s’est inspiré de l’île de Gorée au Sénégal, qui génère plus de 9 000 euros par jour grâce à la mémoire de la traite négrière. Au Maniema, il s’indigne de voir que des sites historiques comme le marché de Nyangwe ou la route des caravanes — témoins des échanges entre les populations locales et les Arabes — ne sont absolument pas valorisés.

Radar Nishuli invite les habitants du Maniema à enterrer la hache de guerre pour se concentrer sur la reconstruction de la province :

« Pourquoi ne pourrions-nous pas ériger un monument à Ngongo Lutete et générer des revenus comme cela se fait au Kongo Central ? Enterrez la hache de guerre, Maniemiens. C’est le moment de construire le Maniema. » souligne-t-il

Pour conclure, il recommande aux autorités de mettre fin à l’instabilité et à l’insécurité. Parmi les priorités citées figurent la réhabilitation des routes, la construction d’hôtels de luxe, la fin des tracasseries administratives et la révision du coût du transport aérien afin de rendre la destination attractive pour les touristes.

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here