INERA Mulungu : Le manioc, bouclier contre la faim et pilier de la sécurité alimentaire à l’Est de la RDC

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‎L’Institut National pour l’Étude et la Recherche Agronomiques (INERA) – Centre de Mulungu – intensifie la culture du manioc pour la saison actuelle. Cette initiative vise à renforcer la recherche et à garantir la disponibilité de semences de qualité pour les agriculteurs de la région.

‎Le manioc est aujourd’hui l’une des cultures vivrières les plus produites et consommées en République Démocratique du Congo, et particulièrement dans la province du Sud-Kivu. Réputée pour sa résilience, cette culture s’adapte à divers types de sols, supporte la sécheresse et se prête parfaitement à la polyculture, même sur des terres peu fertiles.

Une extension de 5 hectares pour la saison B
‎Dans l‘objectif de répondre aux besoins vitaux des populations rurales, l’INERA Mulungu vient de mettre en place environ cinq hectares dédiés au manioc pour cette saison B. L’annonce a été faite par Mademoiselle Nabintu Kondo, Cheffe d’Antenne Manioc et chercheuse spécialisée au sein du centre.

‎Le déploiement se répartit comme suit :

‎2 hectares de multiplication : Un hectare dédié à la variété Mundola et un second à la variété Sikirou, afin de produire des boutures de haute qualité.

3 hectares de recherche et conservation :

‎1 hectare réservé aux essais de sélection.

‎1 hectare occupé par 6 clones prometteurs issus de travaux antérieurs.

‎1 hectare dédié à la collection variétale pour la conservation et la maintenance du patrimoine génétique.

‎Un partenariat stratégique pour l’industrie
‎Depuis quelques années, l’INERA collabore avec l’IITA (Institut International d’Agriculture Tropicale) via le projet « CVCD » (Cassava Value Chain Development). Ce programme vise à soutenir la sécurité alimentaire et à structurer l’industrie de la boulangerie en RDC en intégrant la farine de manioc dans la fabrication du pain.

Les variétés Mundola et Sikirou, au cœur de cette collaboration, sont des variétés améliorées performantes. Elles peuvent atteindre un rendement de 40 tonnes à l’hectare avec un cycle cultural court, allant de 6 à 10 mois.

‎Impact socio-économique et nutritionnel
‎Au-delà de l’augmentation de la production, l’INERA vise l’amélioration des revenus des ménages et la résilience des communautés. Après récolte, les tubercules sont transformés en divers produits alimentaires.

‎Selon la FAO, le manioc occupe la 4ème place des cultures vivrières dans les pays en développement, après le riz, le maïs et le blé.

On distingue généralement deux groupes :

‎Le manioc doux : Consommé de manière artisanale et directe.

‎Le manioc amer : Destiné principalement à la transformation industrielle (farine à base de cossettes).

‎Les conseils des chercheurs pour une production optimale
‎Bien que la production soit peu coûteuse et n’exige pas impérativement d’intrants chimiques, les chercheurs de l’INERA insistent sur le respect des étapes techniques :

‎Le choix de la variété : Privilégiez les variétés améliorées (Mundola, Sikirou) pour leur résistance aux maladies et leur rendement supérieur aux variétés locales.

‎La préparation du sol : Le manioc préfère un sol profond, bien drainé et riche en matières organiques (culture à plat ou sur billons).

‎La sélection des boutures : Utilisez des tiges saines de 6 à 12 mois. Les boutures doivent mesurer entre 20 et 30 cm et posséder 4 à 5 nœuds.

‎L’entretien : Un bon suivi inclut le sarclage, le buttage et une surveillance phytosanitaire rigoureuse.

‎En conclusion, signalons qu’une quantité importante de boutures a été distribuée aux associations paysannes de Kabare pour cette saison. Cette action de vulgarisation permet aux agriculteurs d’accéder à une semence de base de qualité, premier rempart contre l’insécurité alimentaire dans l’est du pays.
sé René Bagalwa‎

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