Uvira : passer de la réponse curative à l’anticipation préventive face aux inondations du Lac Tanganyika

0
50

À Uvira, dans la province du Sud-Kivu, les inondations causées par les crues du Lac Tanganyika continuent de fragiliser les conditions de vie des populations locales. Année après année, ces catastrophes naturelles provoquent des dégâts considérables, remettant en question l’efficacité des réponses actuelles.

Chaque montée des eaux entraîne son lot de conséquences dramatiques : habitations détruites, familles déplacées, pertes de biens et montée de l’insécurité. Face à ces situations, les interventions restent principalement axées sur l’urgence, notamment à travers l’assistance humanitaire et le soutien psychosocial aux sinistrés.

Cependant, cette approche curative montre aujourd’hui ses limites. Les catastrophes se répètent, souvent avec la même intensité, sans que des solutions durables ne soient véritablement mises en place.

Selon Stéphane Maurice Kaya, secrétaire à la coordination urbaine de l’environnement et la nouvelle économie du climat dans la ville d’Uvira, plusieurs obstacles freinent la mise en œuvre de mesures préventives. Il évoque notamment le manque de moyens financiers pour construire des digues communautaires capables de protéger les quartiers exposés.

À cela s’ajoutent une faible mobilisation communautaire et un déficit d’expertise en matière de prévention des catastrophes naturelles, des éléments qui compliquent davantage la transition vers une approche anticipative.

Malgré ces contraintes, certaines initiatives émergent. Mapenzi Manyebwa, coordinateur de l’organisation Ubuntu Grands Lacs, a déjà piloté la plantation de plus de 1 000 arbres dans la ville.

Il plaide également pour la mise en place de comités locaux de gestion des risques dans les quartiers, accompagnés de formations sur les systèmes d’alerte précoce. Ces mécanismes pourraient permettre aux communautés de mieux anticiper les crues et d’y réagir plus efficacement.

Pour Alphonse Mufariji, coordonnateur national du mouvement citoyen de lutte contre les antivaleurs (MCLA-RDC), il est urgent de changer de paradigme.

« Dans la logique du développement, il vaut mieux prévenir que guérir », affirme-t-il. Selon lui, la répétition des catastrophes traduit un manque d’anticipation et une absence de stratégies durables.

Il appelle à intégrer la prévention dans les programmes humanitaires, notamment à travers :

la protection communautaire en amont, des campagnes de sensibilisation sur la gestion durable de l’environnement, la lutte contre des pratiques aggravantes comme la déforestation et la mauvaise gestion des déchets.

Au-delà des initiatives ponctuelles, les acteurs locaux insistent sur la nécessité d’une meilleure coordination entre les organisations humanitaires, les institutions publiques et les communautés.

Pour Alphonse Mufariji, seule une approche structurée, axée sur l’anticipation et la prévention, permettra de protéger durablement les populations d’Uvira face aux catastrophes naturelles à répétition.

Pour venir en aide aux populations victimes de ces inondations,  les organisations humanitaires doivent privilégier la distribution des semences afin de faciliter à ces populations de faire de  l’agriculture précise Mapenzi Manyebwa coordinateur de l’organisation Ubuntu Grands Lacs. Pour lui ceci va contribuer à lutter contre la malnutrition. Il encourage les organisations de faire des projets agricoles préventives et y intégrer les déplacés er les victimes des inondations.

Article  rédigé dans le cadre du projet « HABARI ZA MAHALI », financé par La Benevolencija et exécuté à Uvira par le consortium UNPC, COMEL-RDC et UFMP.

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here