BUKAVU – Réunis en table ronde le jeudi 19 février 2026, sous l’égide de l’Initiative Congolaise pour la Justice et la Paix (ICJP), les acteurs de la société civile du Sud-Kivu ont brisé le silence. Leur message est sans équivoque : aucun processus de paix ne réussira sans s’attaquer aux racines profondes du conflit et sans des représentants au-dessus de tout soupçon.
Alors que les initiatives de paix (Nairobi, Luanda, Doha, Washington) se multiplient, la société civile du Sud-Kivu, notamment le Groupe thématique « Élection et Bonne Gouvernance », refuse d’être un simple figurant. Dans un diagnostic sans complaisance, ces acteurs ont identifié les maux qui rongent la République Démocratique du Congo : manipulations identitaires, cycles électoraux opaques, corruption systémique, exploitation illicite des ressources et ingérences étrangères.
Pour la société civile, la qualité des négociations dépendra de la qualité des négociateurs. Elle exige désormais un profil strict pour toute personne prétendant parler en son nom.
Les 5 piliers de la crédibilité :
Légitimité de la base : Un ancrage réel au Sud-Kivu, loin des « représentants de circonstance ».
Capacité de fédération : Savoir créer un consensus dans un environnement souvent fragmenté.
Expertise contextuelle : Une maîtrise pointue des dynamiques sécuritaires et de la médiation.
Indépendance totale : Interdiction d’avoir appartenu à un parti politique depuis 5 ans ou d’avoir été candidat aux élections de décembre 2023.
Redevabilité : L’obligation de rendre compte régulièrement aux populations des avancées du dialogue.
« Le choix des délégués ne doit pas répondre à des logiques d’opportunité, mais à une vision stratégique collective », martèle le communiqué signé par Raphaël Wakenge de l’ICJP.
Un agenda non-négociable centré sur l’humain
Au-delà du casting, les participants ont dressé une feuille de route thématique qui place la justice au cœur de la paix. Pour le Sud-Kivu, le dialogue doit impérativement traiter :La Justice Transitionnelle pour juger les crimes du passé,La protection des Droits de l’Homme, incluant le retour des déplacés et des réfugiés,La sécurisation foncière pour les communautés locales et La transparence dans la gestion des ressources naturelles.
Un appel à la responsabilité nationale et internationale
Tout en soutenant les processus diplomatiques en cours, la table ronde a lancé un avertissement contre toute tentative de blocage par des « préalables » inutiles. L’objectif est clair : un dialogue inclusif, sincère et débarrassé des intérêts partisans.
La société civile du Sud-Kivu se positionne désormais en sentinelle, prête à porter la voix des sans-voix pour une stabilité durable en RDC.

