Uvira : Les restes explosifs de guerre, une menace persistante pour les enfants

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À Uvira, dans la province du Sud-Kivu, à l’Est de la République démocratique du Congo, les restes explosifs de guerre continuent de représenter un risque important pour les populations civiles dans certaines zones affectées par les conflits armés. Les enfants figurent parmi les personnes les plus exposées, notamment lorsqu’ils jouent ou se déplacent dans des environnements où des objets dangereux peuvent être abandonnés ou dissimulés.

À Kiliba, dans le territoire d’Uvira, des parents, enseignants et responsables communautaires évoquent les circonstances dans lesquelles les enfants peuvent être confrontés à ces objets dangereux, ainsi que le niveau de connaissance des familles sur les comportements à adopter face à un objet suspect. Ils insistent notamment sur la nécessité de renforcer la protection des enfants sur les chemins de l’école, dans les champs et dans les espaces de jeux.

Face à ces risques, la sensibilisation des enfants et des communautés apparaît comme un moyen essentiel de prévention. Emmanuel Abedi, coordonnateur urbain du mouvement citoyen Machozi ya Rahiya, évoque les principaux défis liés à l’éducation aux risques des restes explosifs. Il souligne l’importance de diffuser des messages simples et adaptés aux enfants, tout en impliquant les écoles, les parents et les leaders communautaires.

« Néanmoins, il y a même des enfants qui sont déjà victimes des engins explosifs dans la ville d’Uvira. Il y a même un enfant qui avait perdu la vie dans la chefferie des Bavira à la suite de la non-sensibilisation sur les risques des engins explosifs. Le grand défi, c’est juste la légèreté des autorités congolaises, car en premier lieu, ce sont elles qui doivent garantir à la population une sécurité durable », a-t-il indiqué.

Emmanuel Abedi assure par ailleurs que son organisation prévoit une campagne de sensibilisation des élèves pendant cette période de rentrée scolaire, afin de les informer sur les risques liés aux engins explosifs et sur les comportements à adopter lorsqu’ils découvrent un objet suspect.

Au-delà de la prévention, la réaction face à la découverte d’un objet suspect et la prise en charge des victimes restent également essentielles. Jacques Base, responsable communautaire, explique que l’ignorance des parents et des enfants constitue un facteur de risque. Il plaide notamment pour le déploiement de services spécialisés dans la détection et la sécurisation des engins explosifs.

« Il y a de ces engins explosifs qui ressemblent à de petits ballons, par exemple des grenades. Les enfants peuvent même commencer à jouer avec ça, sachant que ce sont de petits ballons. Les parents et leurs enfants ne savent rien des engins de ces munitions abandonnées. Il y a des parents qui partent au champ et trouvent ces grenades-là et autres, mais par ignorance, ils vont regarder et parfois piétiner, car ne sachant pas les dangers de ces munitions », a-t-il affirmé.

Le renforcement de la sensibilisation, du signalement des objets suspects, de la sécurisation des zones à risque ainsi que de la prise en charge médicale, psychologique et sociale des victimes demeure donc un enjeu important pour réduire les accidents liés aux restes explosifs de guerre à Uvira.

Article rédigé dans le cadre du projet HABARI ZA MAHALI, financé par La Benevolencija et exécuté par le consortium UNPC, COMEL-RDC et UFMP.

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