Depuis le 30 août 2026, un feu de brousse consume de manière continue une partie de la végétation montagneuse surplombant le centre de Nyabibwe, dans le territoire de Kalehe, province du Sud-Kivu. Au 1er septembre, les flammes continuaient de progresser, suscitant l’inquiétude des habitants et ravivant les préoccupations liées à la protection durable de cet espace naturel.
Face à la progression du feu, les autorités locales ont mobilisé des équipes de jeunes dynamiques afin de participer aux opérations d’extinction avec les moyens disponibles. Leur intervention vise notamment à limiter la propagation des flammes et à protéger les espaces environnants ainsi que les ressources naturelles de cette zone.
Le Centre de l’Environnement Minier des Grands Lacs (CEM-GL ASBL) s’est également joint à cette mobilisation aux côtés des acteurs locaux. Cette implication traduit la nécessité d’une réponse collective face aux feux de brousse qui affectent plusieurs espaces naturels du territoire de Kalehe, particulièrement en cette période de sécheresse.
Une menace pour l’environnement et les communautés
Au-delà de l’urgence liée à l’extinction du feu, cet incendie pose la question de la préservation à long terme de la végétation montagneuse de Nyabibwe.
La disparition progressive de la couverture végétale pourrait contribuer à l’érosion des sols, à la perte de certaines espèces animales et végétales ainsi qu’à la dégradation générale des écosystèmes. Dans une région où les communautés dépendent fortement des ressources naturelles, la dégradation de ces espaces peut également avoir des conséquences sur les conditions de vie des populations locales.
Pour les acteurs environnementaux, la lutte contre les feux de brousse ne devrait donc pas se limiter aux opérations d’extinction. Elle doit également intégrer des mesures préventives permettant de réduire les risques de nouveaux incendies.
De l’urgence à la prévention
Selon le CEM-GL ASBL, les interventions contre les feux de brousse observés dans plusieurs zones des groupements Mbinga-Nord et Mbinga-Sud, en territoire de Kalehe, sont nécessaires, mais doivent être accompagnées d’actions structurées de prévention et de protection de l’environnement.
Ces actions pourraient notamment passer par la sensibilisation des communautés, la restauration des espaces dégradés, le reboisement et la promotion de pratiques responsables de gestion des ressources naturelles.
L’objectif est également d’encourager une plus grande implication des communautés dans la protection de leur environnement, en particulier des jeunes et des femmes, qui peuvent jouer un rôle important dans les initiatives locales de conservation.
Vers la reconnaissance d’un patrimoine naturel communautaire ?
L’incendie de Nyabibwe ouvre ainsi un nouveau débat au sein de la communauté : celui de la reconnaissance et de la protection de cette végétation montagneuse comme patrimoine naturel communautaire.
Une telle démarche nécessiterait une concertation entre les autorités locales, les communautés, les jeunes, les femmes et les organisations environnementales afin de définir des mécanismes adaptés de protection et de gestion durable de cet espace.
L’enjeu dépasse donc la seule extinction du feu actuel. Il s’agit de réfléchir à la manière de préserver durablement les ressources naturelles de Nyabibwe et de garantir leur transmission aux générations futures.
Alors que les flammes continuent de rappeler la vulnérabilité de cet écosystème, la question demeure : quelles mesures concrètes la communauté et les autorités locales peuvent-elles mettre en place pour transformer cette crise environnementale en une véritable opportunité de protection et de restauration du patrimoine naturel de Nyabibwe ?
La réponse nécessitera une mobilisation collective, une sensibilisation permanente et surtout une vision à long terme de la gestion des espaces naturels au bénéfice des générations présentes et fu
AIME HAMULI JUSTIN

