L’autonomisation économique des femmes à Uvira : un levier humanitaire pour la résilience des ménages et le développement

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Dans la ville et le territoire d’Uvira, les femmes dénoncent plusieurs obstacles freinant leur autonomisation économique. L’insécurité liée au contexte de guerre limite fortement leur mobilité et leurs activités commerciales, alors qu’autrefois elles circulaient librement pour s’approvisionner dans les marchés environnants.
A ces défis sécuritaires s’ajoutent des pesanteurs socioculturelles qui continuent de cantonner certaines femmes au rôle domestique. Toutefois, les campagnes de sensibilisation menées par diverses organisations contribuent progressivement au changement des mentalités.

A Luvungi, dans la plaine de la Ruzizi, Madame Bwija Mugobozi, engagée dans les activités génératrices de revenus (AGR), affirme que ces initiatives renforcent la survie et la résilience des ménages. Grâce au petit commerce et à l’agriculture, les femmes participent désormais aux dépenses familiales, notamment l’alimentation, l’éducation et les soins de santé des enfants. Elle souligne que ces activités leur permettent aussi de gagner en autonomie et en dignité.
Malgré des revenus encore modestes issus principalement de la culture du riz, du maïs et du manioc, certaines femmes parviennent à développer leurs activités agricoles et commerciales, allant jusqu’à exploiter un hectare de terre avec des moyens mécanisés.

Marie Mithila, cheffe de bureau genre, famille et enfant en mairie d’Uvira, salue les progrès réalisés par les femmes malgré les difficultés persistantes. Selon elle, le renforcement des capacités et l’accès aux financements restent indispensables pour consolider ces avancées.
De son côté, Yvette Kininga Clair de l’organisation Popoli Fratelli,  met en avant le rôle des organisations humanitaires dans la promotion de l’entrepreneuriat féminin. Elle cite notamment les actions de l’organisation Popoli Fratelli, qui propose gratuitement des formations en coupe et couture, informatique et alphabétisation au profit des jeunes femmes.

«L’accent est mis sur l’alphabétisation, car une femme analphabète a un accès limité aux ressources et aux opportunités», précise-t-elle.
Après les formations, les bénéficiaires reçoivent des kits de démarrage et un suivi est assuré afin d’évaluer l’évolution de leurs activités et l’amélioration de leurs conditions de vie.
Malgré les défis persistants, l’autonomisation économique des femmes à Uvira demeure un important levier humanitaire pour la résilience des ménages et le développement local.

Selon elle, la crise sécuritaire et humanitaire qui frappe Uvira et ses environs a davantage fragilisé les femmes, déjà confrontées à la pauvreté et aux inégalités sociales.
« Plusieurs femmes ont perdu leurs activités économiques à cause des déplacements liés aux conflits armés. D’autres n’arrivent plus à accéder facilement aux champs, aux marchés ou aux sources de financement à cause de l’insécurité persistante », explique-t-elle.
Elle ajoute que cette situation a augmenté la dépendance économique de nombreuses femmes et compliqué la prise en charge des besoins essentiels des ménages, notamment l’alimentation, la scolarisation des enfants et les soins de santé.

Article rédigé dans le cadre du projet HABARI ZA MAHALI financé par la Benevolencija et exécuté par le Consortium, UNPC, COMEL-RDC et UFMP.

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