Bukavu, Sud-Kivu :- Plusieurs membres de la communauté Banyamulenge, accompagnés de leurs proches et sympathisants, se sont réunis ce jeudi à la salle de l’hôtel Résidence, à Bukavu, pour commémorer le 22ᵉ anniversaire du massacre de Gatumba, au Burundi.
Le 13 août 2004, 166 réfugiés congolais Banyamulenge avaient été tués dans le camp de Gatumba, situé près de la frontière entre la République démocratique du Congo et le Burundi. Vingt-deux ans après cette tragédie, les participants à la cérémonie ont rendu hommage aux victimes et réitéré leur appel à la justice.

Au cours de la cérémonie, des jeunes filles ont interprété des chants de consolation en mémoire des victimes. Des étudiants ont également lu, un à un, les noms des réfugiés tués lors de l’attaque de Gatumba.
« J’ai vu mes amis, les enfants, les papas et les mamans tués »
Parmi les participants figurait Mutanga Robert, rescapé du massacre de Gatumba. Vêtu d’un tricot noir, il a pris part à la commémoration aux côtés d’autres survivants.

Avec émotion, il raconte les événements de cette nuit du 13 août 2004 :
« Gatumba, c’était vers 22 heures. Nous avons entendu des gens chanter, puis des tirs. Les gens ont commencé à être tués. D’autres étaient brûlés dans les bâtiments avec de l’essence. J’ai vu mes amis, les enfants, les papas et les mamans tués. »
Le témoignage du rescapé rappelle la violence de l’attaque et le traumatisme toujours présent chez les survivants et les familles des victimes.
Un appel renouvelé à la justice
Pour Vincent Runezerwa, vice-président de la Mutualité Banyamulenge de Bukavu, l’absence de justice, 22 ans après les faits, demeure une profonde source de douleur.
Il affirme que la communauté continue de demander que les responsables présumés du massacre soient traduits en justice.
« Pendant ces 22 ans, nous avons demandé justice. Nous demandons à la communauté internationale, à notre pays et aux pays voisins de faire justice. Ceux qui ont tué nos frères circulent librement, sans peur. Mais nous gardons l’espoir qu’un jour, ceux qui ont tué nos frères à Gatumba seront traduits en justice. »

Les participants ont ainsi appelé les autorités congolaises, burundaises et la communauté internationale à faire la lumière sur le massacre et à poursuivre les personnes responsables, conformément à la justice.La société civile dénonce les discours de haine
La commémoration a également été l’occasion pour des acteurs de la société civile du Sud-Kivu de condamner les discours de haine et les actes de discrimination visant publiquement la communauté Banyamulenge.
Les participants ont appelé à la promotion de la paix, de la cohésion sociale et du respect des droits de toutes les communautés vivant en République démocratique du Congo.

Vingt-deux ans après le drame de Gatumba, les survivants et les familles des victimes continuent donc de porter la mémoire des disparus, tout en réclamant justice et reconnaissance pour les victimes de cette tragédie.

