Des populations plaident pour le renforcement des moyens d’accès à l’eau potable à Uvira

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L’accès à l’eau potable demeure un défi majeur pour les populations de la ville et du territoire d’Uvira, dans la province du Sud-Kivu, en raison de la détérioration des infrastructures consacrées au captage et à la distribution d’eau. Cette situation entraîne une pénurie d’eau potable et expose plusieurs communautés à un risque élevé de maladies d’origine hydrique.

À Kiliba, des populations peinent à s’approvisionner en eau potable, les contraignant à recourir aux eaux des rivières, jugées impropres à la consommation, selon plusieurs habitants de la cité. « Le plus grand problème réside à la source, c’est là où il y a une faible production d’eau », témoigne un habitant de Kiliba, précisant que cette situation contraint la plupart des habitants à aller puiser de l’eau dans la rivière, malgré son caractère impropre à la consommation.
Un autre habitant de Kiliba-Hondes explique : « Ici chez nous à Kiliba-Hondes, nous avons une grande difficulté d’accéder à l’eau potable. Par conséquent, nous sommes obligés d’aller puiser de l’eau dans la rivière Kiliba, une eau qui est tellement sale. Par manque de certains produits à mettre dans cette eau, nous sommes obligés de nous diriger vers la pharmacie pour acheter des médicaments qu’on va y mettre pour la rendre propre. »

Face à cette situation, les habitants lancent un appel aux autorités gouvernementales afin qu’elles prennent leurs responsabilités en fournissant à la REGIDESO les moyens nécessaires pour faciliter le remplacement des adductions d’eau usées. Ils demandent également aux organisations humanitaires de disponibiliser du chlore et d’autres produits nécessaires au traitement de l’eau puisée dans les rivières.
« Que les autorités fassent tout leur possible pour que nous ayons accès à l’eau potable, que ce soit pendant la saison sèche comme pendant la saison pluvieuse. Nous demandons également aux organisations humanitaires de mettre à notre portée des produits que nous pourrons utiliser pour traiter l’eau afin que nous ayons de l’eau propre à la consommation. Il faudrait aussi effectuer des travaux à la source pour que nous ayons de manière efficace de l’eau potable ici chez nous », plaident les habitants de Kiliba.

Face à ce problème, plusieurs organisations ont intégré le secteur de la distribution d’eau à travers notamment l’installation de bornes-fontaines, afin de réduire la vulnérabilité des populations dans l’accès à cet élément vital pour la vie humaine.
« Plusieurs organisations humanitaires ont déjà réalisé des activités, notamment le captage et l’installation des bornes-fontaines », indique un responsable, citant notamment la Croix-Rouge en partenariat avec la Croix-Rouge espagnole dans le cadre de leur projet de PPP, ainsi que le CICR, qui a offert des litres d’essence et des moyens logistiques à la REGIDESO pour tenter de renforcer sa capacité à résoudre le problème d’eau dans la ville d’Uvira. Ce responsable insiste également sur la nécessité d’une prise de conscience de la population afin qu’elle puisse s’engager, notamment à travers des cotisations destinées à la réhabilitation et à la réalisation de petits travaux en cas de panne des infrastructures mises à sa disposition.

Par ailleurs, le coordonnateur de DSCDD souligne également l’importance de poursuivre les investissements dans le secteur de l’eau afin de garantir un accès durable à l’eau potable.
« On devrait continuer de créer ou encore d’investir dans l’eau en ayant des projets de construction de bornes-fontaines ou des projets d’adduction d’eau pour permettre aux quartiers où il y a des difficultés d’accès à l’eau potable de pouvoir en bénéficier dans la ville d’Uvira. Mais aussi, il faudrait que les partenaires multiplient leurs efforts pour chercher des bailleurs, au niveau national et ailleurs, et surtout impliquer la population bénéficiaire dans le processus d’adduction d’eau », a-t-il conclu.

Le problème d’accès à l’eau potable est aujourd’hui perçu comme une situation presque normale, non seulement dans la ville et le territoire d’Uvira, mais également dans plusieurs régions de la République démocratique du Congo, malgré les graves conséquences qu’il peut avoir sur la santé et les conditions de vie des populations.
Article rédigé dans le cadre du projet HABARI ZA MAHALI, financé par la Benevolencija et exécuté à Uvira par le consortium UNPC, COMEL-RDC et UFMP.

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