À Uvira dans la Province du Sud-Kivu, aucun cas d’Ebola n’a été confirmé à ce jour. Toutefois, les autorités sanitaires, les acteurs communautaires et les spécialistes de la communication intensifient les actions préventives afin d’anticiper toute éventuelle propagation de la maladie.
Cette stratégie repose principalement sur la préparation des structures sanitaires, le renforcement des mesures d’hygiène, la surveillance communautaire et la lutte contre la désinformation.
Selon le médecin-chef de la zone de santé d’Uvira, le Dr Panzu Nimi, la préparation des établissements de santé demeure essentielle pour garantir une détection précoce des cas suspects et limiter les risques de transmission.
« Les formations sanitaires doivent être capables d’identifier et d’isoler un cas suspect dès les premières heures. Il est également indispensable de renforcer les capacités du personnel soignant avant même l’apparition d’un premier cas », explique-t-il.
Le responsable sanitaire souligne également les défis persistants liés à l’eau, à l’hygiène et à l’assainissement dans certaines structures de santé. Il plaide pour un renforcement des dispositifs WASH afin d’assurer un environnement sûr pour les patients et le personnel médical.
De son côté, Sosthène Jérémie met en avant l’importance de la surveillance communautaire. Selon lui, les mécanismes déjà mis en place favorisent une détection rapide des cas suspects et réduisent les délais de notification des alertes sanitaires.
« Les relais communautaires et les leaders locaux constituent le premier maillon de la chaîne de surveillance. Leur implication favorise une remontée rapide des alertes vers les autorités sanitaires et permet d’agir à temps », affirme-t-il.
Pour Cléophas Bumba, expert en éducation numérique aux médias et en vérification de l’information (fact-checking), la lutte contre la désinformation constitue également un enjeu majeur.
« Les fausses informations peuvent compromettre les efforts de prévention et susciter la méfiance au sein des communautés. Il est donc essentiel de diffuser des informations fiables et adaptées aux réalités locales », souligne-t-il.
L’expert met également en garde contre le risque de lassitude face aux alertes sanitaires répétées et recommande une communication régulière, adaptée et mesurée afin de maintenir la vigilance des populations.
En l’absence de cas confirmés à Uvira, les différents acteurs s’accordent sur la nécessité d’investir dans la prévention plutôt que d’attendre une éventuelle flambée. Pour eux, un système de santé capable d’anticiper les risques, de détecter précocement les cas suspects et de mobiliser les communautés demeure le meilleur rempart contre une épidémie.
Article rédigé dans le cadre du projet HABARI ZA MAHALI, financé par La Benevolencija et exécuté à Uvira par le consortium UNPC, COMEL-RDC et UFMP.

