Malgré les campagnes de sensibilisation menées dans le cadre de la riposte contre la maladie à virus Ebola, de nombreux peuples autochtones pygmées et ménages déplacés du territoire de Kabare peinent à respecter les mesures barrières faute de moyens financiers et d’accès aux équipements de prévention.
Lors d’une séance de sensibilisation organisée dans le village de Buyungule, en aire de santé de Combo dans la zone de santé de Miti-Murhesa, les membres des communautés autochtones pygmées ont exprimé les difficultés auxquelles ils sont confrontés pour appliquer les recommandations sanitaires visant à prévenir la propagation du virus.
Selon Éric Bagalwa, secrétaire administratif des peuples autochtones pygmées de Kabare Nord, les communautés sont régulièrement sensibilisées par les relais communautaires sur les risques liés à Ebola. Cependant, la pauvreté constitue un obstacle majeur à l’adoption des mesures de prévention.
« Nous sommes sensibilisés sur Ebola, mais nous n’avons pas les moyens de nous procurer les dispositifs de lavage des mains, le savon ou les gels hydro-alcooliques. Cette situation nous empêche de respecter correctement les mesures barrières », explique-t-il.
Au-delà du manque de savon et de produits d’hygiène, les communautés autochtones font également face à des défis liés à l’assainissement. Plusieurs villages ne disposent pas d’infrastructures adéquates, notamment de latrines répondant aux normes d’hygiène, faute de ressources financières pour leur construction ou leur réhabilitation.
Les besoins sont particulièrement importants dans plusieurs localités de Kabare, notamment à Makondo dans le groupement de Mudaka, ainsi qu’à Muyange, Chibuga et Buyungule dans le groupement de Miti. D’autres villages du groupement de Katana, dont Kahungu, figurent également parmi les zones où vivent ces communautés.
Les personnes déplacées vivant dans des familles d’accueil partagent les mêmes préoccupations. A Bughore, Esther Muhigirwa témoigne des difficultés rencontrées par de nombreux ménages pour accéder aux produits essentiels de prévention.
« Nous voulons nous protéger contre Ebola, mais nous n’avons pas les moyens d’acheter du savon ou d’autres matériels nécessaires. Nous demandons aux organisations humanitaires de nous appuyer afin que nous puissions protéger nos familles », indique-t-elle.
Les acteurs communautaires soulignent que ces difficultés économiques fragilisent davantage les populations déjà affectées par les déplacements, l’insécurité et la dégradation des conditions de vie.
A ces défis matériels s’ajoutent également la désinformation et certaines attitudes de négligence observées dans les communautés. Selon les équipes de sensibilisation, certaines personnes continuent de douter de l’existence de la maladie à virus Ebola dans la zone de santé de Miti-Murhesa, ce qui complique les efforts de prévention et de contrôle de l’épidémie.
Face à la menace persistante d’Ebola, les communautés affectées espèrent que les interventions humanitaires pourront être renforcées afin de garantir un accès équitable aux moyens de prévention, particulièrement pour les populations les plus vulnérables.
Article produit dans le cadre du projet « Habari za Mahali ». Un projet du consortium RATECO, REMEL avec le soutien de Media4Dialogue de LaBenévolencia.

