La République démocratique du Congo prépare une nouvelle phase de sa riposte contre la maladie à virus Ebola, avec l’élaboration d’un plan stratégique couvrant les six prochains mois et davantage axé sur la proximité communautaire.
L’annonce a été faite samedi 22 août 2026 au cours d’une conférence de presse tenue au siège de l’Institut national de santé publique (INSP), à Kinshasa, par son directeur général, Dr Dieudonné Mwamba Kazadi, au retour d’une mission de terrain effectuée en Ituri, l’une des provinces les plus affectées par la 17ᵉ épidémie d’Ebola, déclarée le 15 mai 2026.
Face à la persistance de la transmission, le responsable de l’INSP a souligné la nécessité d’adapter davantage la réponse aux réalités observées au sein des communautés.
Une nouvelle orientation fondée sur la proximité
Les enseignements tirés de la mission en Ituri plaident, selon le Dr Mwamba Kazadi, pour un renforcement de la décentralisation de la riposte.
« Nous sommes en train d’élaborer un nouveau plan pour les six prochains mois ; stratégie de la décentralisation axée sur la proximité communautaire », a-t-il déclaré devant les professionnels des médias.
Cette orientation devrait notamment renforcer l’implication des chefs de villages et de quartiers dans la surveillance communautaire.
Ces leaders locaux auront notamment pour rôle de contribuer à l’identification précoce des personnes présentant des symptômes, de faciliter leur orientation vers les structures de santé, d’appuyer le suivi des contacts au sein des ménages et de participer à la sensibilisation contre les rumeurs et la désinformation.
L’approche vise ainsi à rapprocher davantage les activités de surveillance et de prévention des populations, tout en maintenant le dispositif sanitaire existant.
Le volet vaccinal se renforce
Sur le plan de la vaccination, la riposte est entrée dans une nouvelle phase avec l’arrivée des premières doses du vaccin Ervebo.
Vendredi 21 août, le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, Dr Samuel Roger Kamba, a réceptionné à l’aéroport international de N’djili un premier lot de 16 520 doses.
Selon les informations communiquées par les autorités sanitaires, ce lot s’inscrit dans un ensemble de 50 120 doses attendues d’ici le 24 août, tandis qu’une allocation globale de 70 000 doses a été annoncée avec l’appui de l’Organisation mondiale de la santé et de ses partenaires.
La stratégie annoncée prévoit une vaccination en « ceinture », avec une priorité accordée aux personnels de santé de première ligne dans les provinces voisines des zones affectées.
Dans la Tshopo, 2 000 doses ont déjà été acheminées à Kisangani, selon les mêmes informations.
Surveillance renforcée
Le dispositif de riposte repose également sur le renforcement des capacités de diagnostic et de prise en charge.
Le pays dispose de plus de 21 laboratoires d’analyse et de près de 40 centres de traitement, selon les données présentées par l’INSP.
La surveillance se poursuit également sur les principaux axes de mobilité, notamment les voies navigables, à travers l’initiative « Fleuve sans MVE », qui vise à renforcer la détection et la prévention de la propagation du virus le long des axes fluviaux.
Plus de 5 000 cas confirmés
D’après le rapport de situation de l’INSP arrêté au 20 août 2026, la RDC comptait 5 375 cas confirmés cumulés et 2 557 décès, pour un taux de létalité de 47,6 %.
Le rapport faisait également état de 1 167 guérisons cumulées, de 737 patients pris en charge en isolement ou à l’hôpital et d’un taux de suivi des contacts de 85,5 %.
L’épidémie concernait alors 56 zones de santé réparties dans six provinces : 28 en Ituri, 12 au Nord-Kivu, 7 dans la Tshopo, 6 dans le Haut-Uélé, 2 dans le Bas-Uélé et 1 au Sud-Kivu.
Dans cette dernière province, aucun nouveau cas n’avait été signalé depuis 82 jours, selon le rapport de situation.
La communauté au centre de la prochaine phase
Avec ce nouveau plan stratégique de six mois, les autorités sanitaires entendent tirer parti des enseignements de la réponse menée sur le terrain pour renforcer la détection précoce et la prise en charge des cas, améliorer le suivi des contacts et accroître l’implication des communautés.
Cette orientation intervient alors que la riposte combine désormais surveillance épidémiologique, vaccination, prise en charge médicale et engagement communautaire.
Pour toute alerte ou information relative à la maladie à virus Ebola, le numéro vert gratuit 151 reste disponible 24 heures sur 24.
Pamoja Mapendano Serge PMS

