SMAM 2026 en Ituri : Face à Ebola, les humanitaires appellent les journalistes et les U-Reporters à promouvoir un allaitement sûr

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À Bunia, la Semaine mondiale de l’allaitement maternel 2026 prend une dimension particulière dans un contexte marqué par la 17ᵉ épidémie d’Ebola. Les acteurs sanitaires et humanitaires appellent les familles à protéger les nourrissons, à respecter les protocoles sanitaires et à privilégier l’accompagnement professionnel.

Dans un briefing organisé avec les journalistes et les U-Report un message a été lancé pour la promotion du lait maternel chez les enfants.

Alors que la province fait face à la 17ᵉ épidémie d’Ebola, les acteurs de la réponse sanitaire et humanitaire s’emploient à concilier deux impératifs majeurs : préserver les bénéfices essentiels de l’allaitement maternel pour les nourrissons et réduire les risques de transmission du virus.

Placée sous le thème :« L’allaitement maternel, un tremplin pour la vie : soutenir et renforcer ce qui fonctionne »

La Semaine mondiale de l’allaitement maternel 2026 met l’accent sur la nécessité de préserver, soutenir et renforcer les pratiques qui ont démontré leur importance pour la survie, la santé, la croissance et le développement de l’enfant.

En Ituri, ce message prend une résonance particulière dans le contexte de l’épidémie d’Ebola, où la protection du nourrisson doit aller de pair avec une prise en charge nutritionnelle adaptée et le respect des mesures de prévention et de contrôle des infections.

Cette articulation entre nutrition infantile, protection et riposte épidémique était au cœur d’un briefing de presse organisé jeudi à Bunia par les ONG Graines, REMED et PPSSP, avec l’appui financier de Save the Children et de l’UNICEF.

Le lait maternel est le premier vaccin du bébé

Pour Dr Ibrahima Cissé, Chef de bureau de l’ONG Graines en Ituri et Président du Groupe de travail sur l’Alimentation du nourrisson et du jeune enfant (ANJE), la protection nutritionnelle des enfants doit rester une priorité, y compris dans les situations d’urgence sanitaire.

« De 0 à 6 mois, l’enfant n’a pas besoin d’autres aliments. L’allaitement maternel exclusif permet une bonne santé et une bonne croissance. C’est le premier vaccin et la meilleure nourriture dès la naissance. À partir de 6 mois, on introduit des aliments complémentaires, notamment des bouillies enrichies, tout en poursuivant l’allaitement maternel. »a dit notre source

Au-delà de sa valeur nutritionnelle, l’allaitement maternel constitue ainsi un élément essentiel de la protection et du développement du jeune enfant, particulièrement vulnérable dans les situations d’urgence.

Ebola et allaitement : protéger l’enfant tout en préservant ses besoins nutritionnels

Lorsque le virus Ebola entre en jeu, les décisions relatives à l’alimentation du nourrisson nécessitent toutefois une évaluation individualisée et le strict respect des protocoles sanitaires en vigueur.

Lorsqu’une mère est infectée par Ebola alors que son enfant ne l’est pas, une séparation temporaire peut être nécessaire afin de réduire le risque d’exposition du nourrisson. Celui-ci peut alors bénéficier d’une alimentation de substitution adaptée, sous la supervision des professionnels de santé et de nutrition.

Le Dr Cissé a notamment appelé les familles à ne pas recourir de leur propre initiative aux laits infantiles achetés dans les boutiques ou les supermarchés. Dans ce type de situation, le choix, la préparation et l’administration d’un substitut du lait maternel doivent être encadrés par des professionnels compétents.

Il a également déconseillé l’utilisation des biberons, notamment en raison des exigences d’hygiène liées à leur nettoyage, leur désinfection et leur manipulation, particulièrement importantes dans un contexte d’urgence sanitaire.

Le message adressé aux familles est donc clair : lorsqu’un nourrisson ne peut pas être allaité directement, il est essentiel de solliciter l’avis d’un professionnel de santé ou de nutrition plutôt que de prendre seul une décision concernant son alimentation.

« Le meilleur endroit où trouver de l’aide gratuite et professionnelle, c’est d’aller au centre de santé le plus proche », a insisté le Dr Cissé.»

Lorsque l’enfant est infecté par Ebola alors que sa mère est saine, les modalités d’alimentation doivent également être déterminées par l’équipe soignante, conformément aux protocoles applicables.

Après la guérison d’une mère ayant contracté Ebola, la reprise de l’allaitement ne doit pas être décidée de manière autonome. Elle doit être évaluée et accompagnée par les professionnels de santé, conformément aux critères de guérison et aux recommandations sanitaires en vigueur.

 N’attendez pas à la maison

Au-delà de l’allaitement, les acteurs de la riposte sanitaire et nutritionnelle alertent sur les conséquences que peuvent entraîner la peur, les rumeurs, la désinformation ou le recours tardif aux soins sur la santé et la survie des enfants et de leurs familles.

Le Dr Cissé a exhorté les parents à consulter rapidement une structure de santé en cas de symptômes évocateurs ou de suspicion d’Ebola.

« N’attendez pas à la maison. L’UNICEF et ses partenaires appuient les centres de santé et les structures de prise en charge pour répondre aux besoins spécifiques, notamment dans le contexte d’Ebola et même après l’épidémie. La prise en charge est gratuite. »

Pour les familles, l’enjeu est également de savoir où chercher une information fiable. Dans un contexte marqué par les incertitudes liées à l’épidémie, les professionnels de santé et de nutrition demeurent les interlocuteurs de référence pour toute question relative à l’allaitement et à l’alimentation du nourrisson.

Les pères appelés à soutenir les femmes allaitantes

Le soutien à l’allaitement ne repose toutefois pas uniquement sur les femmes.Le Dr Ibrahima Cissé a appelé les pères et l’ensemble des membres de la famille à jouer un rôle actif : accompagner les femmes aux consultations, contribuer aux tâches ménagères et participer à la création d’un environnement favorable à l’alimentation, au repos et au bien-être de la mère et de l’enfant.

Dans les situations d’urgence, cette solidarité familiale peut contribuer à réduire la pression qui pèse sur les femmes allaitantes et à favoriser la continuité des bonnes pratiques nutritionnelles.

 Soutenir et renforcer ce qui fonctionne

La Semaine mondiale de l’allaitement maternel, célébrée chaque année au cours de la première semaine du mois d’août, constitue une occasion de rappeler que la nutrition du nourrisson est une composante fondamentale de la santé publique.

Le thème 2026, « L’allaitement maternel, un tremplin pour la vie : soutenir et renforcer ce qui fonctionne », invite à dépasser la seule promotion de l’allaitement pour mettre l’accent sur la création d’un environnement favorable permettant aux mères de poursuivre cette pratique, y compris dans les situations de crise.

En Ituri, les partenaires de la Division Provinciale de la Santé poursuivent les activités de sensibilisation ainsi que les appuis technique et logistique destinés aux structures sanitaires, aux structures accueillant des enfants et aux communautés.

Ces interventions visent notamment à renforcer les bonnes pratiques familiales essentielles à la survie, à la protection, à la croissance et au développement de l’enfant.

Dans une province confrontée à une épidémie d’Ebola, la protection des nourrissons ne peut être dissociée de celle de leurs mères, de l’accès à des soins de qualité et de la disponibilité d’informations fiables.

Soutenir une femme allaitante, c’est aussi protéger son enfant. Mieux informer une famille, c’est contribuer à sauver une vie. Et investir dans la nutrition de l’enfant aujourd’hui, c’est investir dans le capital humain de demain.

L’allaitement maternel pendant et après la réponse à Ebola exige ainsi une mobilisation collective. Familles, communautés, autorités sanitaires, société civile, médias, leaders communautaires, responsables politiques, autorités coutumières et religieuses, acteurs humanitaires et partenaires nationaux et internationaux sont appelés à agir de concert pour protéger les enfants et renforcer la confiance des communautés dans les services de santé.

Car derrière chaque nourrisson protégé se joue une part de l’avenir de l’Ituri, de la République démocratique du Congo et de l’humanité entière.

L’allaitement maternel n’est donc pas seulement une question de nutrition : en période de crise, il devient aussi une question de protection, d’information, de solidarité et d’investissement dans l’avenir.

Pamoja Mapendano Serge PMS

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