Les difficultés sociales, familiales et économiques, l’isolement ainsi que les expériences traumatiques peuvent fragiliser la santé mentale de certaines personnes. À Uvira, des psychologues appellent à renforcer l’écoute, l’accompagnement psychosocial et l’orientation des personnes en situation de détresse afin de prévenir les crises et les risques suicidaires.
Selon le psychologue Byamungu Josué Asifiwe, les événements stressants peuvent avoir des conséquences importantes lorsqu’une personne ne dispose pas de ressources suffisantes pour y faire face.
« Face aux différents événements stressants de la vie, une personne peut ressentir un niveau important de stress. Lorsque ce stress devient difficile à gérer et persiste dans le temps, il peut affecter son bien-être psychologique et entraîner différentes manifestations de souffrance mentale. Dans ces situations, l’écoute et l’accompagnement sont importants. »
La détresse psychologique peut se manifester de différentes manières. Un changement inhabituel de comportement, un isolement croissant, une tristesse persistante, une perte d’intérêt pour les activités habituelles ou encore un sentiment profond de désespoir peuvent attirer l’attention de l’entourage. Des propos faisant référence à la mort ou au fait de ne plus vouloir vivre doivent également être pris au sérieux.
Le psychologue et acteur humanitaire Nerval Songolo insiste sur l’importance d’une réaction appropriée face à ces signes.
« Lorsqu’une personne change fortement de comportement, s’isole ou exprime un profond désespoir, il est important de prendre la situation au sérieux. Il faut l’écouter sans la juger et l’encourager à recevoir une aide appropriée. Lorsque cela est nécessaire, l’orientation vers un professionnel de santé ou un service psychosocial doit être faite rapidement. »
Dans ce processus, la famille et la communauté constituent des acteurs importants. Une personne en difficulté peut parfois hésiter à demander de l’aide par peur d’être jugée ou stigmatisée. La sensibilisation sur la santé mentale peut ainsi contribuer à créer un environnement plus favorable à la recherche d’aide.
Pour le psychologue Josué, travailleur au sein de l’organisation humanitaire TPO-RDC, antenne d’Uvira, les communautés peuvent contribuer à identifier les personnes vulnérables et à faciliter leur orientation. « La communauté doit créer un environnement où une personne en détresse peut parler de ses difficultés sans être stigmatisée. L’entourage peut apporter une première écoute, mais lorsque la situation dépasse ses capacités, il est nécessaire d’orienter la personne vers les services psychosociaux ou de santé appropriés. »
Les spécialistes soulignent ainsi la nécessité de renforcer les mécanismes d’écoute et d’orientation, de rapprocher les services psychosociaux des populations et de sensibiliser davantage les familles et les communautés aux questions de santé mentale.
À Uvira, une meilleure compréhension de la détresse psychologique et une réponse rapide aux personnes en difficulté peuvent contribuer à réduire leur isolement et à favoriser leur accès à une prise en charge adaptée. La prévention repose donc sur une responsabilité partagée entre les familles, les communautés et les professionnels appelés à accompagner les personnes en souffrance.
Cet article est redigé dans le cadre du programme Habari za Mahali exécuté par le consortium UNPC-UFMP-COMEL sous l’appui financier de la Benevolencija.

