Dans la ville et le territoire d’Uvira, le problème d’accès à l’information constitue un facteur majeur dans la désorientation des réponses humanitaires et entraîne de lourdes conséquences sur la vulnérabilité des populations. Des habitants témoignent toutefois d’un changement positif depuis la mise en œuvre du projet Habari za Mahali, à travers ses productions et leur diffusion.
Selon plusieurs témoignages, le projet contribue à apporter des solutions partielles à certains problèmes majeurs rencontrés par les communautés.
« On rencontrait beaucoup de soucis et, malgré nos cris d’alarme, rien ne marchait. Mais, à partir du projet Habari za Mahali, nous lançons nos problèmes et nous voyons déjà certains d’entre eux être résolus », témoigne Madame Merveille Lukezo, habitante de Kiliba.
Elle cite notamment le problème rencontré au niveau d’un centre de santé, qui a finalement bénéficié d’un approvisionnement en médicaments après que la situation a été relayée.
Elle recommande aux responsables du projet Habari za Mahali de multiplier les sujets portant sur les besoins urgents des victimes des différentes crises humanitaires.
De son côté, M. Cleophas Bumba revient sur les objectifs poursuivis par le projet en matière d’information et de sensibilisation des communautés.
« Habari za Mahali est une production initiée par le consortium UNPC, COMEL et UFMP, sous l’appui financier de La Benevolencija. Son objectif, c’est surtout de faire entendre les problèmes et les circonstances qui touchent la population, particulièrement les problèmes humanitaires dans la zone », explique-t-il.
Selon lui, les professionnels des médias accordaient auparavant moins de place aux questions humanitaires. Avec Habari za Mahali, ces préoccupations sont désormais davantage traitées et diffusées, ce qui permet aux autorités et aux acteurs intervenant dans la zone d’en prendre connaissance et, dans certains cas, d’apporter des réponses.
« L’objectif de cette production, c’est de faire entendre les voix des victimes, des sinistrés et des déplacés, afin que ces derniers puissent bénéficier d’une assistance et que les organisations de l’État interviennent pour soulager leurs souffrances », ajoute-t-il.
Monsieur Bumba souligne également que les besoins des sinistrés dans plusieurs zones commencent à trouver des réponses grâce à cette production. Habari za Mahali couvre notamment plusieurs espaces, dont une partie de Bujumbura et de la Plaine, pour ne citer que ceux-là. « Vraiment, ça a un impact significatif parce que nous recevons même des doléances, nous qui diffusons cela », affirme-t-il.
Pour monsieur Eric Ngabo, coordonnateur de la Corporation des médias en ligne, d’Uvira, Fizi et Mwenga, et membre du consortium qui exécute le projet à Uvira, au-delà de la production et de la diffusion de l’information, la participation des communautés demeure un élément crucial dans la mise en œuvre du projet.
« En fait, les communautés sont au cœur du choix des sujets traités par le projet Habari za Mahali. C’est la première des choses. La deuxième, c’est que la participation des communautés permet de partir de problèmes réels vécus sur le terrain, plutôt que de décider des sujets uniquement à partir des priorités des médias ou des organisations humanitaires », indique-t-il.
Il explique que les journalistes et les équipes du projet recueillent les préoccupations des habitants à travers des échanges avec les communautés, des témoignages, des interviews et des observations sur le terrain. Les sujets retenus portent notamment sur l’accès aux soins de santé, à l’eau potable, à l’éducation, à la protection et à l’aide humanitaire, ainsi que sur les difficultés particulières rencontrées par les personnes vivant dans les zones affectées par les conflits.
« Cette approche permet aux communautés de faire entendre leurs voix et de contribuer à orienter les productions des bulletins radio Habari za Mahali et des articles rédigés dans le cadre du même projet », poursuit-il.
Par ailleurs, M. Ngabo explique que la motivation du projet est également de faciliter l’intermédiation entre les communautés et les acteurs de l’aide humanitaire.
« Souvent, les communautés rencontrent des difficultés, mais leurs préoccupations ne parviennent pas toujours jusqu’aux organisations capables d’y apporter une réponse efficace. En donnant de la visibilité à ces problèmes, Habari za Mahali contribue déjà à réduire la distance qui existait jadis entre les organisations humanitaires et les communautés affectées par les crises humanitaires », explique-t-il.
Ainsi, les témoignages recueillis auprès des communautés et des acteurs du projet mettent en évidence l’importance accordée à l’information et à la participation communautaire dans la réponse aux crises humanitaires. Pour les bénéficiaires, la poursuite de cette initiative pourrait contribuer à maintenir ce canal entre les populations affectées, les autorités et les acteurs humanitaires, afin de mieux faire connaître leurs besoins et de contribuer à alléger leurs souffrances.
Article rédigé dans le cadre du projet HABARI ZA MAHALI, financé par La Benevolencija et exécuté par le consortium UNPC, COMEL-RDC et UFMP.

