Depuis plusieurs jours, une rumeur persistante secoue la ville d’Uvira, dans le Sud-Kivu ou des messages partagés sur les réseaux sociaux affirmant que certaines professionnelles du sexe burundaises présentes dans la région seraient porteuses du VIH/SIDA.
Ces allégations, non confirmées médicalement, suscitent une vive inquiétude, en particulier parmi la jeunesse locale.
Selon des témoignages recueillis par notre rédaction, plusieurs travailleuses du sexe burundaises affirment avoir constaté une baisse importante de leur clientèle.
Elles attribuent ce changement soudain aux rumeurs circulant dans la ville. « Depuis que ces messages circulent, les clients ne viennent plus comme avant. On dirait qu’on a été pointées du doigt à tort », confie une d’elles sous anonymat.
Interrogé sur la question un analyste basé à Uvira, précise que le fait de généraliser une information aussi sensible sans preuve médicale nuit non seulement à la dignité des personnes concernées, mais aussi à la cohésion sociale entre communautés. Cela peut facilement se retourner contre les Congolais vivant au Burundi si les tensions s’enveniment », explique Mapenzi Manyebwa Coordon.
Celui-ci insiste sur le rôle que doivent jouer les autorités sanitaires et les médias dans la vérification de telles informations : « Ce n’est pas aux réseaux sociaux de poser un diagnostic. Seul un médecin, à travers un examen approprié, peut déterminer si une personne est séropositive. »
Ces derniers mois, les réseaux sociaux sont devenus une source majeure d’information, mais également de désinformation. Des messages viraux, souvent non sourcés, peuvent provoquer des réactions en chaîne, alimentant peur, rejet, voire haine communautaire.
L’analyse appelle donc à la prudence et au discernement, et surtout lorsqu’il s’agit des sujets aussi sensibles publics ou des relations entre peuples voisins.

