Minova face au choléra : l’absence d’eau potable alimente une crise sanitaire à répétition

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A Minova, dans le territoire de Kalehe au Sud-Kivu, les autorités sanitaires tirent une nouvelle fois la sonnette d’alarme face à la recrudescence des cas de choléra. Si les structures sanitaires tentent de limiter la propagation de l’épidémie par des activités de prévention, l’absence d’eau potable et le manque d’infrastructures adaptées continuent d’exposer des milliers d’habitants à une menace permanente.

Dans l’aire de santé de Minova, les centres de santé ne disposent pas de capacités suffisantes pour assurer la prise en charge complète des malades. Les cas suspects ou confirmés sont directement transférés vers le centre de traitement du choléra installé à l’hôpital. Sur place, les équipes sanitaires se limitent essentiellement aux activités de prévention, notamment la désinfection des ménages touchés et la sensibilisation communautaire.

« Nous sommes en pleine épidémie de choléra. Le centre de santé de Minova n’est pas une structure de prise en charge. Les cas sont directement orientés vers l’hôpital. Ici, nous nous concentrons surtout sur les activités de prévention », explique Magadju Paulin, infirmier titulaire de l’aire de santé de Minova.

Selon lui, plusieurs partenaires humanitaires accompagnent les efforts locaux, notamment à travers des projets d’assainissement communautaire et la construction prochaine de latrines. Toutefois, ces interventions restent largement insuffisantes face à l’ampleur des besoins. Sur les 24 CAC que compte l’aire de santé, seuls huit ont intégré l’approche d’assainissement total piloté par la communauté.

Mais au-delà des infrastructures sanitaires, le véritable défi demeure l’accès à l’eau potable. L’avenue Budondo, identifiée comme l’épicentre de l’épidémie actuelle, concentre à elle seule plus de 14 000 habitants vivant dans des conditions précaires.

« Le problème majeur de ces épidémies à répétition est lié à l’absence d’eau potable. L’aire de santé de Minova ne dispose d’aucune source d’eau. Nous dépendons essentiellement des adductions et de l’eau du lac », déplore l’infirmier titulaire.

Avec une couverture encore limitée des programmes de traitement et de distribution d’eau, les populations restent contraintes de consommer une eau souvent impropre, favorisant ainsi la propagation du choléra et d’autres maladies hydriques.

Dans les structures de prise en charge, la gratuité des soins offerte grâce à l’appui des organisations humanitaires représente néanmoins un soulagement pour plusieurs familles affectées.

Maria Masumbuko, mère de deux enfants hospitalisés pour choléra, témoigne avec émotion : « Mes deux enfants sont ici au centre de traitement. Grâce à l’intervention des organisations présentes, les soins sont gratuits. Sans cette aide, nous n’aurions jamais eu les moyens de payer leur prise en charge ».

Malgré cette assistance médicale d’urgence, les acteurs sanitaires insistent sur la nécessité d’une réponse durable. Pour eux, seule une amélioration effective de l’accès à l’eau potable permettra de briser définitivement le cycle des épidémies récurrentes dans la zone de santé de Minova.

Les autorités sanitaires appellent ainsi les partenaires humanitaires et les acteurs de développement à investir davantage dans l’approvisionnement en eau potable, l’assainissement et l’hygiène communautaire afin d’éviter que le choléra ne continue de frapper les populations les plus vulnérables.

Article produit dans le cadre du projet « Habari za Mahali ». Un projet du consortium RATECO, REMEL-GL avec le soutien de Media4Dialogue de LaBenévolencija.

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