Sud-Kivu : la crise de l’eau aggrave la vulnérabilité des populations déplacées à Kalehe et Kabare

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Dans plusieurs localités du Sud-Kivu, l’accès à l’eau potable devient une urgence humanitaire majeure, accentuant la précarité des populations déjà affectées par les conflits armés et les déplacements massifs.
Dans le territoire de Kalehe, particulièrement au village de Munanira dans la localité de Murambi, la situation ne cesse de se détériorer. Les infrastructures hydrauliques, autrefois essentielles à la vie communautaire, sont aujourd’hui hors service. Les habitants sont désormais contraints de parcourir de longues distances pour s’approvisionner en eau, une réalité quotidienne aux conséquences alarmantes.

Cette pénurie expose davantage les femmes et les jeunes filles déplacées à des risques accrus de violences basées sur le genre. En quête d’eau, elles empruntent des chemins isolés, sans protection, dans un contexte sécuritaire fragile. Par ailleurs, l’absence d’eau potable pousse les ménages à consommer de l’eau insalubre, favorisant la propagation de maladies hydriques telles que la diarrhée et le choléra, déjà signalées dans la zone.

Dans le territoire voisin de Kabare, la situation est tout aussi préoccupante. Dans des localités comme Cirunga, Kagabi, Bushwira, Mumosho et Mudusa, plusieurs bornes fontaines ne fonctionnent plus depuis le début de la crise.
Les femmes déplacées et retournées, y compris les femmes enceintes et les filles mineures, sont contraintes de parcourir de longues distances pour accéder à des sources d’eau, les exposant à des risques d’insécurité et de violences sexuelles.
Selon des acteurs communautaires, certains ménages n’ont d’autre choix que d’utiliser de l’eau souillée, ce qui augmente les cas de maladies hydriques dans ces zones déjà fragilisées. M. Murhula Kalimbiro Blaise, leader communautaire et président du conseil territorial de la jeunesse, plaide pour la réhabilitation urgente des infrastructures d’eau et l’installation de systèmes d’adduction d’eau potable dans les zones affectées.

La crise affecte également de manière disproportionnée les personnes vivant avec un handicap. A Minova, leur situation est particulièrement difficile. Le manque d’accès à l’eau potable, à la nourriture et aux soins de santé limite fortement leurs conditions de vie. Les opportunités économiques restent quasi inexistantes, aggravant leur dépendance et leur marginalisation.
Des représentants locaux des personnes vivant avec handicap appellent à des solutions inclusives, notamment l’appui aux activités génératrices de revenus, comme le petit commerce ou la couture, afin de renforcer leur autonomie et leur résilience.

Les habitants de ces entités lancent un appel pressant aux organisations humanitaires intervenant dans le secteur de l’eau, hygiène et assainissement (WASH). Ils demandent une intervention urgente pour la réhabilitation des bornes fontaines endommagées, la construction de nouveaux points d’eau sécurisés et la mise en place de mécanismes de protection adaptés aux femmes et aux enfants.
Article produit dans le cadre du projet « Habari za Mahali ». Un projet du consortium RATECO, REMEL-GL avec le soutien de Media4Dialogue de LaBenévolencia.

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