Dans la ville et le territoire d’Uvira, la situation des enfants orphelins et de ceux placés dans des familles d’accueil est alarmante. Privés de protection, souvent sans assistance, ils sont exposés à de graves risques d’exploitation domestique et d’abus sexuels, dans un contexte de grande précarité.
Beaucoup de ces enfants vivent dans des conditions extrêmement difficiles. Certains passent la nuit à la belle étoile, d’autres ont dû abandonner l’école faute de moyens. Victimes de la perte de leurs parents, parfois à la suite de catastrophes naturelles ayant frappé la région, ils subissent également la stigmatisation et l’exclusion sociale.
Dans le cadre du magazine Habari za Mahali diffusé ce jeudi 23 avril 2026, plusieurs enfants ont livré des témoignages poignants. Une jeune fille de 18 ans raconte son quotidien depuis la mort de ses parents :
« Depuis que papa et maman ont été tués, c’est moi qui suis devenue la maman. Chaque matin, je me réveille sans rien à donner aux enfants. Hier, mon petit frère a pleuré toute la journée en demandant du foufou. »
Elle explique devoir assumer seule la charge de ses frères et sœurs, allant jusqu’à transporter des sacs de farine au port pour gagner quelques francs congolais. Malgré ses efforts, les revenus restent insuffisants pour couvrir les besoins essentiels, notamment la nourriture et les soins de santé.
La jeune fille a également dû abandonner l’école pour subvenir aux besoins de sa famille :
« Je ne vais plus à l’école à cause des responsabilités que j’ai envers mes petits frères. Malgré mes 18 ans, c’est moi qui suis le père maintenant. »
Au-delà de ces témoignages, des acteurs de la société civile tirent la sonnette d’alarme. Selon Willy Seremenba, de nombreux enfants sont abandonnés par leurs proches après le décès des parents :
« Ceux qui devraient s’occuper des enfants commencent par récupérer les biens laissés par le défunt. Ils stigmatisent les enfants, certains les accusent même de sorcellerie. »
Ces pratiques aggravent la vulnérabilité des enfants, les poussant à quitter l’école pour survivre et les exposant davantage à diverses formes d’exploitation.
Face à cette réalité préoccupante, les enfants lancent un appel à la solidarité. Ils demandent l’aide des personnes de bonne volonté, des autorités et des organisations humanitaires pour améliorer leurs conditions de vie et retrouver un minimum de dignité.
La situation à Uvira souligne l’urgence d’une mobilisation collective pour garantir à ces enfants un accès à la protection, à l’éducation et à un avenir plus sûr.
Article rédigé dans le cadre du projet Habari za Mahali, financé par La Benevolencija et exécuté par le consortium UNPC, COMEL-RDC et UFMP.

