Le projet UNICEF Réponse Rapide (UniRR) a clôturé, le 9 janvier 2026, une vaste opération de distribution de kits d’urgence dans la zone de santé de Nyangezi. Cette intervention visait à soulager les familles ayant fui les affrontements entre les FARDC et l’AFC/M23 au début du mois de décembre dernier.
Déroulée du 7 au 9 janvier, la distribution a permis de servir 13 610 personnes, issues de 2 000 ménages ciblés. La répartition démographique de l’aide se présente comme suit : Filles : 4 894, Garçons : 4 874, Femmes : 2 147 et Hommes : 1 695.
Les bénéficiaires ont reçu des kits complets incluant des articles ménagers essentiels (NFI), des kits d’hygiène (KHI), des moustiquaires, du savon, des seaux et des casseroles. Pour favoriser la réinstallation, des outils de construction et d’assainissement (clous, marteaux, pioches, bêches) ainsi que des produits de traitement d’eau (Aquatabs) ont également été remis.
L’intervention a couvert cinq aires de santé évaluées comme prioritaires : Kaboya, Kamanyola, Kashenyi, Mulira et Kambara. Le site de distribution a été installé stratégiquement au terrain de groupement, situé à l’entrée des escarpements de Ngomo.
L’opération, qui s’est étendue sur huit jours au total, a consacré ses cinq premières journées aux réunions communautaires et au ciblage rigoureux des bénéficiaires, impliquant activement la jeunesse, la société civile et les autorités locales.
Malgré le succès technique de l’opération, le compte n’y est pas pour l’ensemble de la population sinistrée. Selon un rapport parvenu à la rédaction de Kivutimes , les capacités actuelles de l’UniRR ne permettent pas de répondre à l’ampleur de la crise.
« En raison de l’insuffisance des capacités, l’UniRR n’a pu couvrir que 50 % des ménages déplacés identifiés lors de l’Évaluation Rapide Multi-sectorielle (ERM). Un plaidoyer urgent est nécessaire pour que les gaps restants soient comblés par d’autres acteurs humanitaires », souligne le rapport consulté par Kivutimes.
Au-delà de l’aide matérielle, l’UniRR insiste sur la protection des plus vulnérables. Le projet recommande vivement :
Le renforcement de la sensibilisation contre les Violences Basées sur le Genre (VBG) et l’Exploitation et les Abus Sexuels (EAS), le financement des structures de santé locales pour garantir une prise en charge adéquate des survivantes de violences sexuelles et l’implication des leaders communautaires pour briser le silence autour des abus.
L’organisation souligne également l’importance pour les victimes de se rendre dans une structure de santé dans les 72 heures suivant une agression pour une prise en charge médicale efficace. Enfin, l’appui à la mise en place de points d’écoute reste une nécessité absolue pour protéger les femmes et les filles, principales victimes de l’instabilité dans la zone.

