Les populations les plus vulnérables de la ville d’Uvira ont bénéficié, jeudi 14 mai, d’une assistance en cash octroyée par le Programme Alimentaire Mondia” PAM “l. Dans plusieurs ménages affectés par les crises humanitaires et sécuritaires, cette aide financière est perçue comme plus avantageuse que certaines assistances en nature.
Selon plusieurs bénéficiaires, cette assistance permet de couvrir les besoins prioritaires, mais aussi de relancer de petites activités génératrices de revenus. D’autres expliquent qu’elle offre la possibilité de diversifier l’alimentation familiale selon leurs propres choix et besoins.
Cependant, l’accès à cette aide reste difficile pour plusieurs femmes vivant dans des zones reculées. À Kiliba, madame Maneno Njabuka, membre de l’organisation PSVS, affirme que les longues distances, le manque de moyens de transport et l’insécurité compliquent l’accès aux points de retrait.
« Étant dans un milieu reculé, on est poussé à se demander comment accéder à son argent. S’il faut se déplacer, on se pose la question du moyen de transport. On a peur de l’insécurité dans notre milieu, des pillages, parce qu’aucune femme ne peut accepter qu’on lui prenne son argent », explique-t-elle.
Selon elle, la distribution du cash peut aussi avoir des conséquences économiques locales. L’arrivée soudaine d’argent liquide chez certains bénéficiaires pourrait entraîner une hausse des prix sur les marchés. « Certains vendeurs peuvent augmenter le prix des articles parce qu’ils savent qu’il y a eu distribution d’argent », souligne-t-elle, évoquant également des risques de tensions et d’agressions physiques.
Par ailleurs, malgré les efforts des organisations humanitaires, certains habitants dénoncent des « magouilles » dans le processus de ciblage des bénéficiaires. Plusieurs estiment que des personnes réellement vulnérables restent exclues des listes.
Pour Mapenzi Manyebwa, acteur humanitaire, les mécanismes de gestion des plaintes présentent encore plusieurs faiblesses. « Dans les normes humanitaires, il faudrait une équipe technique chargée de gérer les plaintes dans un délai court. Malheureusement, plusieurs personnes disent avoir été oubliées et continuent à se plaindre sans obtenir de feedback »,
Dans un contexte humanitaire toujours marqué par les déplacements et la précarité, plusieurs acteurs communautaires estiment que l’assistance en cash peut contribuer à restaurer la dignité des populations affectées, à condition de renforcer les mécanismes de transparence, de sécurité et d’accompagnement des bénéficiaires.
Article rédigé dans le cadre du projet HABARI ZA MAHALI financé par la Benevolencija et exécuté par le Consortium UNPC, COMEL et UFMP.

