Uvira : l’encadrement des enfants orphelins reste un défi humanitaire majeur

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A Uvira, la situation des enfants orphelins demeure une préoccupation humanitaire qui nécessite une attention particulière de la communauté et des acteurs de protection. Ces enfants sont confrontés à plusieurs difficultés, notamment l’accès limité à l’éducation et aux soins de santé, l’insécurité alimentaire, la précarité des familles d’accueil ainsi que les conséquences psychologiques et sociales liées à la perte de leurs parents.

Les tuteurs et les acteurs de protection appellent à renforcer la prise en charge de ces enfants, tout en apportant un soutien accru aux familles qui les accueillent.
Pour Fundiko Bernadin, l’un des tuteurs d’enfants orphelins à Kiliba-Ondes, la discrimination constitue l’une des principales difficultés auxquelles ces enfants sont confrontés. Il explique que certains sont marginalisés et considérés comme des personnes vulnérables, ce qui complique davantage leur intégration dans la communauté.

A cela s’ajoutent les difficultés économiques. Selon lui, certains enfants manquent de nourriture, de soins médicaux et d’accès à l’éducation. Faute de moyens financiers, plusieurs d’entre eux abandonnent même l’école ou n’arrivent pas à y accéder.Fundiko Bernadin plaide ainsi pour une prise en charge globale des enfants orphelins, notamment dans les domaines de l’alimentation, de la santé et de l’éducation.
Sur le plan psychologique, la perte d’un parent peut également laisser des séquelles importantes chez l’enfant. Louise Mwajuma Mazambi, psychologue clinicienne à la Clinique de consultance et d’assistance psychologique, CCAP asbl, explique que le décès d’un père ou d’une mère peut provoquer chez l’enfant un profond sentiment de douleur, de stress et d’insécurité.

Elle relève que certains enfants peuvent développer des signes de dépression, se replier sur eux-mêmes, devenir timides ou avoir des difficultés à faire confiance aux adultes. D’autres peuvent manifester de l’agressivité ou abandonner leurs études lorsqu’ils ne bénéficient pas d’un accompagnement familial adéquat.
La psychologue appelle donc la communauté à jouer un rôle dans l’accompagnement de ces enfants. Elle encourage les familles qui les accueillent à leur offrir affection, écoute et protection, mais aussi à leur donner une véritable place au sein du foyer, sans les traiter comme des domestiques.

Louise Mwajuma Mazambi insiste également sur la nécessité de lutter contre la stigmatisation et de créer des espaces où les enfants orphelins peuvent jouer, échanger et se sentir acceptés par la communauté.
De son côté, Valentin Maroti, coordonnateur de l’Association œuvre humanitaire pour la protection et le développement de l’enfant en difficulté, OPDE, souligne les initiatives mises en place depuis la création de cette organisation en 2000. Selon lui, l’OPDE a notamment assuré l’hébergement, la scolarisation et les soins médicaux de plusieurs enfants en difficulté. L’organisation travaille également avec les familles d’accueil afin de favoriser la réinsertion des enfants dans leur milieu familial.

Dans cette perspective, l’association accompagne aussi les parents dans des activités génératrices de revenus et les initie à l’entrepreneuriat afin de renforcer leur autonomie économique et leur capacité à prendre en charge leurs enfants.Cependant, Valentin Maroti estime que l’un des principaux défis reste l’insuffisance des moyens accordés aux familles après la réinsertion des enfants. Il plaide pour un accompagnement financier plus important afin de permettre aux familles de continuer à répondre aux besoins des enfants après leur retour dans leurs foyers.
Dans un contexte marqué par les conséquences des conflits et la précarité économique, les intervenants appellent ainsi à une mobilisation collective en faveur des enfants orphelins.
Pour eux, leur protection ne doit pas se limiter à l’hébergement ou à la scolarisation, mais doit également inclure leur alimentation, leur santé, leur accompagnement psychologique, leur protection contre la discrimination et le renforcement des capacités économiques des familles qui les accueillent. L’objectif est de permettre à ces enfants de grandir dans un environnement protecteur, stable et favorable à leur épanouissement.

Article rédigé dans le cadre du projet HABARI ZA MAHALI financé par la Benevolencija et exécuté par le Consortium, UNPC, COMEL-RDC et UFMP.

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