Uvira, Sud-Kivu :– La saison sèche entraîne une hausse préoccupante des prix des denrées alimentaires dans la ville et le territoire d’Uvira. La raréfaction de plusieurs produits agricoles, consécutive à l’arrêt des pluies, perturbe l’approvisionnement des marchés locaux et fragilise davantage les ménages les plus vulnérables.
Sur les principaux marchés de la ville, les consommateurs constatent une augmentation progressive des prix de plusieurs produits de première nécessité. Cette situation est principalement attribuée à la baisse de la production agricole locale, aux difficultés d’approvisionnement et à la multiplication des taxes qui pèsent sur les circuits commerciaux.
Selon David Kashindi, chargé de programme au sein de l’Association des vendeurs de produits agricoles, les agriculteurs et les commerçants font face à de nombreux obstacles qui compliquent l’acheminement des marchandises vers les marchés urbains. « Les commerçants sont contraints de s’approvisionner dans des zones plus éloignées à cause de la baisse de la production locale et de l’insécurité dans certaines zones agricoles. Les coûts de transport sont élevés et cela se répercute directement sur les consommateurs », explique-t-il.
Il souligne également que le manque d’infrastructures de stockage adaptées constitue un défi majeur pour le secteur agricole local. Selon lui, cette situation risque d’aggraver davantage l’insécurité alimentaire dans la région si aucune mesure n’est prise. Cette flambée des prix affecte directement le quotidien des familles. De nombreuses femmes rencontrées à Uvira affirment que leurs revenus ne permettent plus de couvrir correctement les besoins alimentaires de leurs foyers.
Abigael Bitondo, mère de famille, témoigne des difficultés croissantes auxquelles sont confrontés les parents. « Les enfants n’ont plus l’assurance de manger à leur faim. Même lorsque nous préparons un repas, il n’est pas toujours suffisant pour rassasier toute la famille. Certains enfants peuvent être tentés de commettre de petits vols pour calmer leur faim », déplore-t-elle. La ville d’Uvira dépend en grande partie des produits alimentaires en provenance du Burundi ainsi que des villes de Bukavu et de Goma. Cette dépendance rend le marché local particulièrement vulnérable aux perturbations des axes d’approvisionnement.
Pour Syprié Kahindo, coordinateur national de la Société civile des leaders visionnaires et nationalistes (SOCILEVI), toute interruption du trafic sur l’un de ces corridors commerciaux entraîne automatiquement des pénuries sur les marchés locaux. Il estime également que la multiplicité des taxes appliquées aux marchandises contribue fortement à la hausse des prix des produits de première nécessité.
Shukuru Wilondja Jean, communicateur adjoint de l’Association pour la protection de l’environnement, le développement et le bien-être durable (APEBD Asbl), recommande la mise en place de mécanismes d’irrigation adaptés.
« Durant la saison sèche, les prix des denrées alimentaires augmentent considérablement. Le gouvernement doit accompagner les agriculteurs en mettant à leur disposition des moyens permettant d’irriguer les champs », affirme-t-il.
Alors que la saison sèche se poursuit, les inquiétudes autour de la sécurité alimentaire demeurent vives à Uvira. Les acteurs du secteur agricole et les organisations de la société civile plaident pour des solutions durables visant à soutenir la production locale, stabiliser les prix des denrées alimentaires et protéger les ménages les plus vulnérables contre les effets de cette crise.
Article rédigé dans le cadre du projet « Habari Za Mahali », financé par La Benevolencija et exécuté à Uvira par le consortium UNPC, COMEL-RDC et UFMP.

