La tension est vive dans le territoire de Fizi, au Sud-Kivu. À travers un communiqué officiel rendu public ce jeudi 8 janvier 2026, les mutualités des communautés Nyindu, Fuliiru et Bavira ont annoncé une cessation totale de leurs activités pour une durée de trois jours.
Elles entendent ainsi dénoncer une série de violences ciblées perpétrées par le groupe armé CNPSC à Namisha et dans les environs.
La décision de ce « trio mutualiste » a été formalisée dans la lettre numéro 001/FUNYIVI/SK-FZ/2026, adressée ce jeudi aux autorités politico-administratives et sécuritaires du territoire. Signée par Monsieur Zakayo Rugendeka, président territorial de la mutualité Buguma Bwa Bafuliiru, cette correspondance fait office d’alerte et de cri de détresse.
Dans ce document, les membres de ces trois communautés expriment leur « profond regret » et annoncent que la grève s’étendra du jeudi 8 au samedi 10 janvier 2026. L’objectif affiché est de manifester leur inquiétude face aux exactions subies de la part du groupe armé de la Coalition Nationale pour la Souveraineté du Congo (CNPSC), qui serait, selon la lettre, soutenu par certains jeunes d’une communauté voisine.
Les faits dénoncés par les signataires sont d’une extrême gravité. Les exactions recensées touchent plusieurs localités, notamment Kagunga, Baombwa, Kasanjala, Namisha et l’avenue Tanganyika.
Le communiqué dresse une liste noire des violences subies notamment des Vols et pillages : Boutiques, kiosques et pharmacies ont été vidés de leurs marchandises. Des cas d’extorsion de bétail sont également signalés, comme celui des vaches appartenant à Monsieur Matabi.
De nombreuses menaces de mort pèsent sur des membres de ces communautés. Plus tragiquement encore, la lettre confirme la tuerie du jeune Munezero Birangwa, lâchement abattu alors qu’il tentait de fuir les violences aux côtés de sa mère.
Face à l’incertitude de la situation et à la gravité des faits, le mot d’ordre est clair : paralysie totale. Les représentants des trois communautés insistent sur le fait qu’aucun Mufuriiru, Munyindu ou Muvira ne doit ouvrir son commerce ou circuler pour des raisons professionnelles.
« Aucun de nous n’ouvrira sa boutique, son kiosque ou sa pharmacie. Même les activités champêtres, pourtant vitales, restent suspendues jusqu’à nouvel ordre », précise la mutualité.
Par cette action de désobéissance civile, les populations espèrent obtenir une réaction rapide et efficace des autorités sécuritaires pour restaurer la paix à Namisha et garantir la sécurité des biens et des personnes, sans distinction communautaire.

