Malgré les multiples alertes de la société civile, le calvaire des habitants du secteur de Lulenge, dans le territoire de Fizi (Sud-Kivu), semble loin de toucher à sa fin. Monsieur Zawadi Abandelwa Abambe, Chef de secteur, brise une nouvelle fois le silence pour dénoncer le système de rançonnage instauré par les groupes armés d’autodéfense.
La situation sécuritaire dans le secteur de Lulenge est jugée « alarmante » par les autorités locales. En cause : la prolifération de barrières illégales érigées par les éléments Wazalendo. Ce qui devait être une force de protection s’est transformé, selon les témoignages, en un fardeau financier et moral pour les civils.
« La population traverse un moment critique. Cette insécurité est causée par des personnes censées les protéger », déplore le Chef de secteur, Monsieur Zawadi Abandelwa Abambe.
Selon l’autorité sectorielle, pas moins de cinq groupes armés opèrent actuellement dans la zone. Le mode opératoire est systématique : chaque passant est contraint de verser une somme de 5 000 FC pour franchir une seule barrière. Multiplié par le nombre de postes de contrôle, le trajet devient un luxe impossible pour les citoyens les plus modestes.
Face à l’inefficacité des courriers officiels envoyés aux responsables de ces groupes, Monsieur Abambe s’interroge publiquement sur la structure de ces milices.
Il se demande si ces éléments opérant dans sa juridiction échappent au contrôle de la coordination des Volontaires pour la Défense de la Patrie (VDP), chapeautée par le général autoproclamé Amuri William Yakotumba. Pour le Chef de secteur, le comportement de ces hommes sur le terrain s’apparente désormais à celui d’un « ennemi de la population ».
Si une légère amélioration a été constatée sur la RN5 (tronçon Baraka-Misisi) suite au passage récent de Yakotumba dans le territoire de Fizi, la situation à l’intérieur du secteur de Lulenge reste inchangée.
Le Chef de secteur conclut par un appel ferme à la hiérarchie militaire et administrative : « Nous demandons l’implication immédiate des autorités et exigeons la suppression sans délai de toutes ces barrières illégales. »

