Certains hommes du Kivu en souffrance : le « vol de sexe », entre peur, rumeurs et quête de solutions.

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‎Depuis plusieurs semaines, une inquiétude inhabituelle s’installe dans différentes localités du Kivu, à l’est de la République démocratique du Congo. Des rumeurs persistantes circulent autour d’un phénomène troublant; des hommes affirment être victimes de “vol de sexe”, attribué à des personnes qualifiées de mauvaise foi.

‎Dans les marchés, les rues et même dans les transports en commun, la peur se propage rapidement. Certains témoignages évoquent des contacts physiques suspects, après lesquels les victimes disent ressentir une disparition ou une diminution de leur organe génital. Bien que ces récits soient difficiles à vérifier scientifiquement, ils suscitent une panique collective et alimentent la méfiance entre citoyens.

‎Face à cette situation, des croyances populaires émergent comme moyens de protection. Plusieurs habitants affirment que porter une épingle ou recourir à un “mulason” (objet ou pratique traditionnelle supposée protectrice) «epingle na mupipi» pourrait prévenir ces attaques.

‎Ces solutions, transmises de bouche à oreille, traduisent surtout le désarroi des populations face à un phénomène qu’elles ne comprennent pas pleinement.

‎Cependant, des experts en santé et en psychologie appellent à la prudence. Selon eux, ce type de situation peut s’expliquer par des phénomènes de panique collective ou de troubles psychosomatiques, où la peur intense provoque des sensations physiques réelles sans cause médicale avérée.

‎Ils insistent sur l’importance de consulter des professionnels de santé plutôt que de céder à la peur ou aux accusations infondées.

‎Par ailleurs, les autorités locales sont invitées à intervenir pour calmer la population, sensibiliser sur les dangers des rumeurs et éviter des actes de justice populaire contre des innocents.

‎En effet, dans certains cas, des personnes soupçonnées à tort peuvent être victimes de violences.

‎Au-delà de la peur, cette situation révèle un besoin urgent d’information fiable, d’éducation et d’accompagnement psychologique dans les communautés du Kivu. Il est essentiel de privilégier le dialogue, la vérification des faits et la solidarité pour éviter que la rumeur ne devienne une source de division.

‎En définitive, les hommes du Kivu vivent aujourd’hui dans une inquiétude réelle, mais la réponse à cette crise doit être guidée par la raison, la science et la responsabilité collective, plutôt que par la peur et les croyances non vérifiées.

Sé/Aimé Hamuli

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