Dans le territoire de Kalehe, la situation des survivantes de violences sexuelles et basées sur le genre atteint un niveau critique. Plus particulièrement dans la localité de Nyabibwe, où les femmes et les jeunes filles touchées se retrouvent aujourd’hui sans protection ni assistance adaptée.
Avec la détérioration de la situation sécuritaire et la multiplication des affrontements, plusieurs organisations humanitaires ont suspendu leurs activités et quitté certaines zones jugées dangereuses.
Les survivantes se retrouvent sans assistance médicale, psychologique ni soutien économique.
Dans un territoire déjà fragilisé par les conflits armés et les déplacements de populations, cette rupture d’assistance aggrave la vulnérabilité des victimes. Madame Solange Shamwami, présidente de l’association UFNM à Kalehe, déplore cette absence d’intervention.
« Les survivantes vivent une situation extrêmement difficile. Les cas augmentent, mais il n’y a aucune structure pour les prendre en charge. Elles manquent de soins médicaux, d’accompagnement psychologique et de soutien économique. Nous appelons les organisations humanitaires à revenir pour leur venir en aide », alerte-t-elle.
Selon les organisations communautaires, les cas de violences basées sur le genre continuent d’être signalés, alors que les mécanismes de réponse sont pratiquement inexistants sur place.
A Kalehe, les survivantes subissent une double peine. En plus des traumatismes physiques et psychologiques, elles doivent affronter la stigmatisation sociale, parfois le rejet familial et communautaire. Cette marginalisation compromet gravement leur dignité et leurs perspectives de reconstruction.
« Sans appui médical ni soutien psychosocial, beaucoup restent livrées à elles-mêmes, dans un silence inquiétant », souligne Mme Solange Shamwami.
Les acteurs locaux insistent sur l’urgence d’une réponse humanitaire adaptée. Ils appellent à la réinstallation des services de prise en charge médicale d’urgence, la relance des programmes psychosociaux, la mise en place de mécanismes de protection communautaire et le soutien à la réinsertion économique des survivantes.
Dans un contexte sécuritaire toujours instable, Kalehe apparaît aujourd’hui comme l’un des territoires les plus exposés du Sud-Kivu en matière de violences basées sur le genre. Une présence humanitaire continue et adaptée est indispensable pour sauver des vies, restaurer la dignité des survivantes et prévenir de nouvelles violences.
Article produit dans le cadre du projet « Habari za Mahali ». Un projet du consortium RATECO, REMEL avec le soutien de Media4Dialogue de LaBenévolencja.

