Les habitants de Gatumba au Burundi: victimes de la montée des eaux du lac Tanganyika et de la rivière Ruzizi

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Depuis plus d’un mois, les habitants de la localité de Gatumba, un centre frontalier de la ville d’Uvira, sont confrontés à une catastrophe environnementale qui a plongé toute cette partie dans une situation de grande précarité.

La montée des eaux du lac Tanganyika et de la rivière Ruzizi continue d’affecter les zones riveraines, menaçant à la fois les habitations, les infrastructures et la stabilité socio-économique de la région. Marie Claire Inamahoro, une habitante de Gatumba, fait partie de son calvaire. Elle évoque une situation difficile qu’elle traverse avec ses quatre enfants. Relogée dans une petite chambrette, loin de son domicile d’origine, elle se trouve contrainte de partager un espace étroit avec ses enfants, dont un garçon de 15 ans.

« Selon la coutume africaine, il est impensable qu’un garçon de 15 ans partage une chambre avec ses sœurs, encore moins avec sa mère. Cela me énormément », témoigne Marie Claire, qui souligne l’impact profond sur la vie familiale et les pratiques culturelles. Elle appelle donc à une intervention rapide du Gouvernement et des organisations humanitaires pour soulager la population de cette cité. « La situation devient de plus en plus intenable et les conditions de vie ne cessent de se détériorer », ajoute-t-elle avec une grande inquiétude.

Le secteur de l’éducation n’est pas en reste face à cette crise. Plusieurs écoles situées dans les zones inondées ont été gravement endommagées, mettant en péril la scolarité des enfants. Ces derniers rencontrent des difficultés pour poursuivre leur cursus et terminer l’année scolaire dans des conditions normales.

« Les enfants ne peuvent pas suivre leurs cours comme d’habitude. Beaucoup sont désorientés et n’ont plus de lieux où se réunissent pour étudier », témoigne un parent d’élève. Cette situation compromettant l’avenir de milliers d’enfants pourrait avoir des répercussions à long terme sur le développement éducatif et socio-économique de la région.

La montée des eaux ne se limite pas à Gatumba. La ville d’Uvira, située de l’autre côté de la frontière, est également confrontée à une crise similaire. Plusieurs quartiers sont déjà touchés, et les habitants vivent dans l’incertitude, avec des infrastructures submergées par les eaux. Le marais Nyangara et les rives du lac Tanganyika continuent de déborder, menaçant la sécurité des rivières et des biens.

La frontière entre le Burundi et la République Démocratique du Congo, particulièrement la zone de Kavimvira, n’est pas épargnée. Les bureaux administratifs, notamment ceux de la Direction Générale des Douanes et Accises (DGDA), ont été submergés par les eaux. Les agents ont dû évacuer les locaux, et la situation devient de plus en plus ingérable.

Le passage entre le Guichet d’entrée et de sortie de la Direction Générale des Migrations (DGM) à Kavimvira est également perturbé, les passagers traversent difficilement en raison de l’inondation de l’espace.

Un passager rencontré sur place le mardi 22 avril 2025 déclare : « Les travaux d’urgence sont absolument nécessaires pour éviter une répétition de la situation que nous avons vécue l’année dernière, où les véhicules et pirogues étaient obligés d’utiliser la voie lacustre pour traverser.

La situation à Gatumba et dans les zones frontales du Burundi et de la RDC est d’une gravité extrême et nécessite une action rapide.
Les autorités gouvernementales et les organisations humanitaires doivent intensifier leurs efforts pour fournir une aide d’urgence aux populations touchées, qu’il s’agisse d’assistance alimentaire, d’abris temporaires, de soins médicaux et de solutions durables pour éviter les conséquences futures des inondations.

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