Alors que nous entamons l’année 2026, la République démocratique du Congo (RDC) traverse l’une des crises humanitaires les plus sévères de son histoire. Entre conflits armés redoublés, chocs climatiques et épidémies, le pays est à un tournant critique où la survie de millions de personnes ne tient qu’à un fil.
Une géographie de la violence : L’Est sous tension
L’année 2025 a marqué un tournant sombre pour l’intégrité territoriale et la sécurité civile. L’expansion de l’Alliance Fleuve Congo/Mouvement du 23 Mars (AFC/M23) a redéfini la carte du conflit. La prise de centres urbains majeurs tels que Goma, Bukavu et Uvira a provoqué des ondes de choc migratoires.
Si des centaines de milliers de familles ont tenté un retour vers leurs zones d’origine, ce mouvement est souvent marqué par la contrainte et l’insécurité persistante. Parallèlement, l’Ituri, le Maniema et le Tanganyika demeurent des foyers de violences où les tensions identitaires et les raids de groupes armés laissent derrière eux des villages en ruines.
Le chiffre noir : Les femmes et les filles restent les premières victimes, exposées à une violence basée sur le genre (VBG) systémique, aggravée par un manque criant de structures de soutien.
Le climat, l’autre front de guerre
Aux balles s’ajoute désormais la fureur du ciel. En 2025, le changement climatique a frappé de plein fouet les infrastructures déjà fragiles :
Inondations dévastatrices : Kinshasa et plusieurs régions ont été submergées par des pluies diluviennes.
Désastre agricole : Dans le Grand Kasaï et le Maniema, des milliers d’hectares de cultures ont été balayés, plongeant 25 % de la population dans une insécurité alimentaire aiguë.
Éducation sacrifiée : Pour beaucoup d’enfants, l’école est devenue un luxe. Ils quittent les bancs de classe pour la survie quotidienne, travaillant dans les champs pour pallier le manque de nourriture.
Une santé publique à bout de souffle
Le manque d’eau potable et la dégradation des services de santé créent un terrain fertile pour les maladies. Les épidémies de choléra et de rougeole continuent de se propager, frappant durement les camps de déplacés et les zones enclavées où l’aide humanitaire peine à arriver.
La résilience : Le dernier rempart
Au milieu de ce tableau sombre, l’espoir subsiste grâce à la solidarité communautaire. Les mécanismes d’entraide locale sont souvent les premiers intervenants pour protéger les plus vulnérables. Sur le terrain, malgré des financements limités et un accès de plus en plus dangereux, les acteurs humanitaires luttent pour fournir :
Une aide alimentaire d’urgence.
Des soins de santé de base.
Des abris et un accès à l’éducation.
2026, l’année de l’urgence absolue
Les prévisions pour 2026 sont sans appel : 15 millions de personnes auront besoin d’une assistance humanitaire vitale. La RDC ne peut plus être une crise oubliée. Derrière les statistiques se cachent des visages, des familles et une volonté de fer de ne pas abandonner l’espoir d’un avenir pacifié.
L’heure n’est plus au constat, mais à une solidarité internationale renforcée et concrète.

