La réouverture, le lundi 23 février 2026, des postes frontaliers de Gatumba et Kavimvira entre la République Démocratique du Congo (RDC) et le Burundi, est accueillie avec soulagement par la population de Baraka et du territoire de Fizi, au Sud-Kivu.
Les habitants saluent la décision conjointe des gouvernements congolais et burundais de rouvrir ces accès, fermés depuis le 10 décembre 2025 à la suite de l’instabilité sécuritaire dans la région d’Uvira.
Pour de nombreux commerçants du sud d’Uvira, cette réouverture est synonyme de survie économique. Amunazo Medard, commerçante de produits alimentaires à Baraka, témoigne de son soulagement :
« Une fois par semaine, je me rends à Bujumbura ou Gitega pour m’approvisionner en pommes de terre et tomates. Je passe par le poste de Kavimvira, puis je revends mes marchandises en gros au marché de Mwemezi, ici à Baraka. La fermeture nous avait plongés dans une précarité totale. »
Ce sentiment est partagé le long du littoral du lac Tanganyika, notamment à Mboko, Lusenda et Swima. Les opérateurs économiques locaux expliquent que l’approvisionnement au Burundi reste plus avantageux grâce à des prix compétitifs. « En achetant au Burundi en monnaie locale, nous parvenons à dégager une marge bénéficiaire correcte lors de la revente au détail en RDC », explique Bikyeômbe Amos, un habitant de Misisi.
Au-delà de l’aspect économique, la réouverture de la frontière facilite l’accès aux soins de santé. De nombreux habitants de Fizi et Baraka préfèrent se faire soigner au Burundi pour bénéficier d’infrastructures spécialisées.
Un habitant de Lusenda, ayant requis l’anonymat, confie :
« Je suis suivi par un spécialiste à l’hôpital Tanganyika de Bujumbura. Durant les deux mois de fermeture, j’ai manqué de mes médicaments habituels car je ne pouvais pas emprunter la voie lacustre. C’est un véritable soulagement de pouvoir à nouveau traverser par voie terrestre. »
Il est à noter que, malgré la fermeture officielle des postes de Kavimvira et Gatumba, les liaisons lacustres entre Baraka et Rumonge (Burundi) étaient restées partiellement opérationnelles. C’est par cette voie que de nombreux réfugiés congolais ont rejoint les camps au Burundi, parfois dans des conditions sécuritaires précaires imposées par les circonstances du conflit.

