Dans une déclaration politique rendue publique ce 28 décembre 2025, Enock Ruberangabo Sebineza, président de la communauté Banyamulenge à Kinshasa, fustige les propos tenus par le Général Sylvain Epenge sur les ondes de la télévision nationale. Il appelle à des sanctions immédiates et à l’ouverture de poursuites judiciaires.
C’est suite à des déclarations ciblant “la perfidie des femmes tutsi”, perçues comme une attaque directe contre une partie de la population congolaise dans un climat sécuritaire déjà délétère.
Pour Enock Ruberangabo Sebineza, ces propos sont d’autant plus graves qu’ils émanent de la voix officielle des Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC).
« Dans l’armée dont est porte-parole le Général Sylvain Epenge regorge des compatriotes Banyamulenge et Tutsi du Nord-Kivu. Ce discours divise l’armée, un corps qui doit être uni en ce moment d’une guerre d’agression », martèle le communiqué.
La communauté souligne que cette rhétorique affaiblit l’institution militaire et contredit frontalement les orientations du Chef de l’État, Félix Tshisekedi. Ce dernier avait en effet appelé, en février 2024, à bannir tout discours de haine ethnique sur l’ensemble du territoire national.
Au-delà des enjeux militaires, le président de la communauté dénonce une attaque contre les fondements mêmes de la société africaine : la femme, le mariage et la famille. En stigmatisant les unions interethniques, ce discours met en péril des millions de Congolais issus de mariages mixtes, présents à tous les échelons de la société, y compris dans la sphère politique, indique notre source.
Face à ce qu’elle qualifie de “dérive dangereuse”, la communauté Banyamulenge de Kinshasa exige des actes concrets.Elle demande que le Général Sylvain Epenge soit sanctionné de “manière impitoyable” afin de servir d’exemple.
« Ces propos sont inacceptables et doivent faire l’objet d’une poursuite judiciaire. Que la justice militaire s’en saisisse », conclut le document signé par Enock Ruberangabo Sebineza.
À l’heure où la RDC cherche à consolider son unité nationale face aux défis sécuritaires, cette polémique souligne l’extrême sensibilité des questions identitaires et la responsabilité des officiels dans la gestion de la parole publique.

