Le Secrétaire Exécutif National du Collectif 2250, Honneur-David Safari, applaudit la décision du Ministère de l’Éducation de maintenir désormais toutes les élèves enceintes dans le système scolaire congolais. Pour lui, c’est une rupture salutaire avec une hypocrisie devenue structurelle.
C’est un tournant majeur dans l’histoire de l’éducation en République démocratique du Congo. Désormais, toutes les élèves enceintes seront autorisées à poursuivre leurs études dans les établissements scolaires, selon une décision rendue publique le 14 juillet 2025 par le Ministère de l’Éducation nationale et de la Nouvelle Citoyenneté. Une mesure saluée « haut et fort » par Honneur-David Safari, Secrétaire Exécutif National du Collectif 2250, une plateforme réunissant les jeunes engagés pour la paix, les droits humains et l’application de la Résolution 2250 du Conseil de sécurité des Nations unies.
« Cette décision courageuse met enfin un terme à une discrimination longtemps banalisée, notamment dans plusieurs écoles conventionnées catholiques et protestantes », déclare-t-il. « Jusqu’ici, les filles enceintes étaient systématiquement bannies du système éducatif… pendant que les garçons à l’origine de ces grossesses poursuivaient tranquillement leurs études. »
Un droit réaffirmé, une injustice corrigée
Pour le Collectif 2250, cette décision constitue une avancée majeure dans la lutte contre les inégalités structurelles entre filles et garçons.
« Refuser à une fille enceinte de continuer l’école, c’est souvent lui fermer les portes du futur », insiste Honneur-David Safari. « Beaucoup ne reviennent plus après l’accouchement, et on les redirige vers des petites formations de fortune, comme si leur sort était déjà scellé. »
Le jeune leader estime que cette mesure protège le droit fondamental à l’éducation, tout en remettant en cause un sexisme institutionnalisé et profondément ancré dans certaines pratiques éducatives.
« Il faut sortir de l’hypocrisie »
Le responsable du Collectif 2250 appelle à un changement de regard sur la sexualité des jeunes.
« Non, une fille enceinte n’apprendra pas les ‘mauvaises manières’ aux autres élèves. Nous avons tous étudié avec des femmes enceintes mariées, et personne ne s’en plaignait. Une grossesse est une grossesse, point », tranche-t-il.
Il rappelle que la législation congolaise interdit tout rapport sexuel avec une mineure de moins de 18 ans. « Toute grossesse issue d’un tel rapport est juridiquement un viol. Cela devrait interpeller la justice, pas conduire à l’exclusion de la victime. »
Des mesures complémentaires attendues
Au-delà du maintien scolaire, le Collectif 2250 plaide pour une approche globale, mêlant éducation, santé et réformes sociales.
Parmi les recommandations du mouvement :
- Une sensibilisation accrue à la sexualité et aux droits reproductifs ;
- Un accès libre aux préservatifs et aux contraceptifs modernes ;
- Une adaptation de la législation aux réalités des jeunes ;
- Et une collaboration active avec les leaders religieux et communautaires pour transformer les mentalités.
« Les sermons sur l’abstinence ont montré leurs limites », souligne Safari. « Soyons pragmatiques : protégeons nos jeunes, évitons les grossesses non désirées et soutenons celles qui doivent, malgré tout, continuer à avancer. »
Honneur-David Safari tient à rassurer ceux qui craignent un « laxisme » éducatif. Pour lui, cette mesure n’encouragera pas les grossesses adolescentes, mais empêchera qu’on brise des vies définitivement.
« Aucune fille ne rêve de tomber enceinte sur les bancs de l’école. Mais si cela arrive, notre devoir n’est pas de la condamner, mais de l’accompagner. »

