Corridor Central : Cap sur la révolution ferroviaire pour désenclaver l’Afrique Centrale

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Dar es Salaam, Tanzanie :- L’Agence de Facilitation de Transport de Transit du Corridor Central (CCTTFA) vient de marquer un tournant décisif dans la modernisation des infrastructures régionales. En marge de la réunion de son Conseil d’administration, le rapport final de l’étude sur la transformation du secteur ferroviaire en Afrique a été officiellement présenté aux États membres.

Le cabinet de consultants ALG Global Infrastructure Advisors a présenté ce document stratégique devant les experts et les membres du conseil d’administration. Ce rapport constitue la pierre angulaire du projet de transfert du trafic routier vers le rail, visant à fluidifier le commerce entre la Tanzanie, Burundi et la RDC.

La première phase de l’étude a permis de dresser un état des lieux complet du réseau ferroviaire africain, en mettant en lumière les défis persistants, les performances actuelles et les opportunités de croissance dans 15 pays, dont cinq membres du Corridor Central : la République Démocratique du Congo, le Burundi, la Tanzanie, l’Ouganda et la Zambie.

Les perspectives d’intégration multimodale ont été saluées par l’ensemble des délégations, voyant dans le chemin de fer une solution durable pour réduire les coûts de transport et l’usure des infrastructures routières.

C’est le cas de l’honorable Olive Mudekereza Namegabe a profité de cette tribune pour appeler les bailleurs de fonds à une mobilisation massive. Selon lui, le rétablissement du rail est la clé pour que la République Démocratique du Congo retrouve son rôle de moteur économique régional.

« La RDC est la locomotive de l’Afrique Centrale. Nous projetons un chemin de fer qui quitte Dar es Salaam, traverse le Burundi, entre par Uvira au Sud-Kivu, se poursuit vers Kindu au Maniema et se connecte au Tanganyika (Kalemie-Lubumbashi). Pourquoi pas même relier l’Océan Indien à l’Océan Atlantique ? », a déclaré Olive Mudekereza, tout en rappelant que l’insécurité reste le principal frein au décollage de ce réseau qui comptait autrefois plus de 4 000 km de voies.

Pour Roger Te Byassu, coordonnateur de la CPCOR, la volonté politique doit se traduire par des réformes concrètes. Il appelle le ministère congolais des Transports, Voies de Communication et Désenclavement à instaurer une véritable loi ferroviaire.

« Le secteur est sous-développé chez nous. Entre la SNCC, l’Onatra et la CIFI, les défis d’infrastructure sont immenses. La SNCC n’a qu’environ 3 milles kilomètres, l’Onatra 3 cents Kilomètres et la CIFI a 6 cent kilomètres.  Il est temps que le gouvernement mette tout en œuvre pour relancer ce secteur », a-t-il martelé.

Le projet ne se limite pas à la RDC. Le Secrétaire au ministère des Infrastructures du Burundi a souligné l’importance de la synergie avec la Tanzanie et la RDC. Outre le rail, Bujumbura et Kinshasa travaillent activement à l’harmonisation des lois sur le transport lacustre sur le lac Tanganyika a indiqué notre source.

Enfin, le Président du Conseil d’Administration de la SNCC, Upa Lunga, a rassuré sur les efforts fournis par le gouvernement congolais pour accélérer le transit des marchandises depuis les ports extérieurs jusqu’aux centres de consommation via le rail.

Avec la remise de ce rapport d’ALG Global Infrastructure Advisors, le Corridor Central dispose désormais d’une feuille de route claire pour transformer durablement l’économie de la sous-région.

Pour rappel, la deuxième phase s’est concentrée sur la collecte de données sur le terrain. Du 17 au 23 novembre 2024, les experts d’ALG ont mené une mission en République Démocratique du Congo, où ils ont rencontré les autorités ferroviaires, les opérateurs, les commissionnaires de transport ainsi que les agences routières, afin de mieux comprendre les contraintes opérationnelles et les perspectives d’intégration multimodale.

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