Dans une déclaration commune publiée le 6 janvier 2026, les organisations de la société civile (OSC) du Sud-Kivu expriment leur profonde frustration. En cause ,une collaboration jugée opaque et “déconnectée des réalités du terrain” avec le Fonds National pour la Réparation des Victimes (FONAREV).
Depuis sa création fin 2022, le FONAREV suscite autant d’espoir que d’inquiétudes. Si sa mission de réparation des victimes de violences sexuelles liées aux conflits est capitale, sa mise en œuvre dans l’Est de la RDC semble aujourd’hui se heurter à un mur d’incompréhension entre l’institution et ses partenaires naturels.
Le premier grief soulevé par les OSC concerne la méthode de travail du Fonds. Bien que conviées à diverses activités à Kinshasa et en province, les organisations locales affirment être systématiquement exclues de la phase de planification.
« Le FONAREV commence à jouer, en province comme dans les territoires, le rôle qui est normalement réservé aux organisations d’accompagnement », déplorent les signataires.
Cette intrusion sur le terrain opérationnel est perçue comme une violation des principes de partenariat constructif qui devraient lier le Fonds à l’écosystème local.
Le point de friction le plus critique réside dans la gestion des données. En 2023, les agents du FONAREV avaient procédé à une identification exhaustive notamment la Géolocalisation des bureaux des OSC, la Collecte de documents administratifs sensibles et le recensement des bases de données de victimes.
Pourtant, malgré ce travail de titan, le FONAREV a lancé en décembre 2025 un nouveau processus de présélection. Pour les acteurs du Sud-Kivu, cette décision est incompréhensible. Ils demandent au Fonds de se référer à la base de données déjà constituée il y a deux ans au lieu de multiplier les procédures bureaucratiques.
Notre source indique qu’au-delà des questions administratives, c’est l’image même de l’institution qui est en jeu. La société civile alerte sur la multiplication des plaintes concernant le traitement des dossiers.
Face à cette situation, les signataires de cette déclaration de la société civile exigent notamment la formalisation immédiate du partenariat avec les OSC d’aide aux victimes,la prise en compte des données de 2023 pour éviter les doubles emplois et une amélioration urgente de l’image du FONAREV auprès des victimes qui attendent toujours justice et réparation.
Cette déclaration, signée à Bukavu le 6 janvier 2026, marque un tournant dans les relations entre l’État et les structures d’accompagnement des victimes au Sud-Kivu.
Nos efforts pour entrer en contact avec le FONAREV sont restés sans succès.

