Plus d’une dizaine d’associations sans but lucratif du territoire de Kabare bénéficient désormais de nouvelles variétés de boutures de manioc. Issues des recherches de l’INERA Mulungu, en partenariat avec l’IITA et le projet CVCD, ces semences visent à révolutionner la production locale.
Une recherche de longue haleine pour la sécurité alimentaire
Il s’agit des variétés « SIKIROU » (douce) et « MUNDOLA » (amère), dont le processus de recherche a débuté en 2011. Après quatorze ans d’études, d’analyses et d’expérimentations, l’Institut National pour l’Étude et la Recherche Agronomiques (INERA) passe à la phase de vulgarisation.

L’objectif est double : permettre aux communautés de l’Est de la République Démocratique du Congo d’accéder à des semences de base améliorées et renforcer durablement la sécurité alimentaire. Ces variétés se distinguent par :
Une croissance rapide ;Une forte résistance aux maladies et Un rendement élevé en qualité et en quantité.
Une distribution stratégique à Mulungu
Ce mercredi 11 février 2026, le Directeur du centre de recherche de l’INERA Mulungu, le Professeur Docteur Jules Basimine, a présidé la cérémonie de distribution. Les bénéficiaires sont des membres d’associations venus de Bushumba, Miti, Bugorhe et des villages environnants.
« Après plus de 10 ans de recherche expérimentale, il était temps de mettre ces résultats au profit des agriculteurs », a déclaré le Professeur Basimine.

Il a salué le travail de l’antenne chapeautée par Mademoiselle Nabintu Kondo Monique et l’engagement des agents de l’État pour la recherche agronomique. Le Professeur a également encouragé les chercheurs à appliquer cette rigueur à d’autres cultures pour répondre aux attentes des producteurs.
Des performances techniques impressionnantes
Avant la remise des lots, les agriculteurs ont été formés aux techniques culturales spécifiques à ces variétés, destinées à remplacer les anciennes souches comme la Nambiyombiyo. Selon Nabintu Kondo, cheffe d’antenne du programme manioc, ces variétés peuvent produire jusqu’à 40 tonnes par hectare avec un cycle cultural réduit, allant de 8 à 12 mois.

Un espoir pour les agriculteurs locaux
Joseph Shamavu, membre d’une association de Bushumba, s’est réjoui de cette initiative :
« L’accès à ces boutures est gratuit. Je suis déterminé à sensibiliser mes pairs pour qu’ils s’approprient cette campagne afin d’accroître notre production. »
L’activité s’est déroulée en présence de chercheurs du Programme National de Recherche et Développement (PNRD). Ces semences sont le fruit du projet CVCD (Cassava Value Chain Development), qui soutient la chaîne de valeur du manioc pour l’industrie du pain en RDC.

En conclusion, le Professeur Basimine a réitéré l’engagement de l’INERA à assurer le suivi technique auprès des organisations partenaires, tout en rappelant que le centre produit également des semences de céréales, tubercules, haricots et café.

