La célébration du Nouvel An 2026 à Uvira, dans la province du Sud-Kivu s’est déroulée dans un contexte marqué par une crise humanitaire qui secoue l’Est de la République démocratique du Congo.
Le 1er janvier, déplacés de guerre, familles d’accueil et résidents ont marqué le passage à la nouvelle année dans une atmosphère mêlant espoir, solidarité et dures réalités du quotidien.
Selon les témoignages recueillis en ville et dans le territoire d’Uvira dans le cadre du projet HABARI ZA MAHALI, certaines familles ont tenu à se réunir pour nourrir l’espoir d’une année meilleure, malgré des conditions de vie précaires.
Dans les familles d’accueil hébergeant des déplacés, l’ambiance était toutefois empreinte d’inquiétude et de tristesse, liée à la perte des biens et à l’incertitude du retour.
« Nous avons célébré ensemble avec les déplacés interne malgré les maigres moyens à notre disposition économiques », a confié monsieur Descartes BUDACHI, commerçant interrogé dans la ville d’Uvira.
De son côté Neema Matumaini, une enseignante, elle, souligne que ces difficultés ont fortement limité les festivités, même si l’élan de solidarité est resté présent.
Dans la plaine de la Ruzizi, notamment à Luvungi, les populations retournées et celles restées sur place évoquent des conditions de vie difficiles. Si quelques cérémonies modestes ont été observées dans des lieux publics et certains foyers, l’ambiance festive des années précédentes était absente.
Dans les années passées pendant les fêtes on voyait les enfants s’habiller très bien, sortir pour célébrer, boire et manger ; mais aujourd’hui ce n’est pas le cas. On est en train de se forcer pour manger ce qu’on a car, de la manière dont on connait comment Luvungi célèbre une fête, ce n’est pas ce qu’on est en train de voir aujourd’hui », fait savoir monsieur Justin MUSAADA, enseignant et père de famille à Luvungi.
À Sange, déplacés et populations locales font état d’une paralysie des activités socio-économiques et d’un manque de liquidités, réduisant considérablement les dépenses liées aux fêtes. Malgré tout, beaucoup disent avoir tenu à marquer symboliquement l’arrivée de la nouvelle année, dans un esprit de résilience.
Cet article est rédigé dans le cadre du projet « HABARI ZA MAHALI » réalisé à Uvira par le Consortium des associations des médias du Sud Sud-Kivu dont l’Union Nationale de la Presse du Congo (UNPC-UVIRA), la Corporation des Médias en Ligne (COMEL) et l’Union de Femmes des Médias pour la Paix (UFMP/SUD) grâce à l’appui financier de La Benevolencija Grands Lacs.

