Uvira : La mobilisation des organisations humanitaires, un levier pour la paix et la cohésion sociale

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Depuis février 2025, la ville d’Uvira est confrontée à une montée alarmante des discours de haine et de la désinformation, alimentée par la détérioration de la situation sécuritaire dans l’est de la République démocratique du Congo. Face à cette crise, les organisations humanitaires se mobilisent pour répondre aux besoins urgents des populations déplacées tout en renforçant la cohésion sociale entre les communautés.

Une ville sous pression

Uvira accueille actuellement des milliers de personnes déplacées en provenance de Goma, Bukavu et d’autres localités touchées par le conflit. Cet afflux massif exerce une pression considérable sur les ressources locales et les infrastructures sociales. Dans ce contexte, des tensions émergent, exacerbées par des discours de haine diffusés sur les réseaux sociaux, dans les médias traditionnels et dans l’espace public.Les communautés locales et déplacées sont parfois victimes de stigmatisation et de divisions, menaçant la coexistence pacifique dans une ville déjà fragilisée par des années de conflits intercommunautaires.

Une réponse humanitaire intégrée
Conscientes de ces enjeux, plusieurs organisations humanitaires actives à Uvira ont élargi leur champ d’action au-delà de l’assistance vitale. Elles travaillent désormais à la consolidation de la paix locale, à la lutte contre la désinformation et à la promotion du vivre-ensemble.
Parmi ces initiatives, le Groupe Milima met en œuvre un projet axé sur la cohésion sociale et l’inclusion des personnes déplacées et des groupes marginalisés. Selon John Ruchahanira, coordinateur de l’organisation, le projet vise à réduire la propagation des messages haineux et des contenus désinformateurs dans les médias et sur les plateformes numériques.

« Nous menons des campagnes de sensibilisation qui visent à déconstruire les stéréotypes et à promouvoir des récits de paix, de tolérance et d’inclusion », explique-t-il.

L’appui de la société civile locale

Les efforts des organisations humanitaires sont salués par les acteurs de la société civile. Abigaïl Bitondo, coordinatrice de l’ONG GAD, souligne la constance de leur engagement auprès des communautés affectées :
« Il y a un engagement réel sur le terrain. La plupart des acteurs humanitaires sont restés présents malgré les difficultés. Leurs messages encouragent la cohabitation pacifique et contribuent à apaiser les tensions. »

Les interventions prennent la forme d’activités communautaires, telles que des dialogues intercommunautaires, des ateliers de sensibilisation, des émissions radiophoniques, ou encore des formations sur la prévention des discours haineux.

Un effort collectif à renforcer

Pour Maître Ghislain Barhahiga Kabamba, Directeur de l’Observatoire Droit, Justice et Gouvernance pour la cohésion sociale en RDC, ces actions sont cruciales, mais doivent s’inscrire dans la durée :
« Les activités de cohésion sociale devraient être menées de manière régulière, surtout dans une ville comme Uvira, où les fractures sociales sont profondes. Les leaders communautaires ont un rôle clé à jouer : ils doivent incarner et promouvoir les valeurs de tolérance, de compassion et de respect. »

Construire un avenir de paix
Dans une ville devenue un carrefour pour les personnes déplacées, la cohésion sociale demeure un enjeu central. La mobilisation des acteurs humanitaires, en synergie avec les autorités locales, la société civile et les médias, apparaît comme un levier essentiel pour prévenir les conflits et bâtir une paix durable.
Ce travail collectif, ancré dans les réalités du terrain, contribue non seulement à répondre aux besoins humanitaires, mais aussi à reconstruire les liens sociaux dans une région marquée par l’instabilité.
Cet article est publié dans le cadre du projet HABARI ZA MAHALI, financé par La Benevolencija Grands Lacs et mis en œuvre par le Consortium des organisations des médias UNPC, COMEL-RDC et UFMP.

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