Uvira: La pénurie d’eau potable, un danger pour la vie des filles déplacées

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Dans plusieurs quartiers de la ville d’Uvira, l’accès à l’eau potable demeure un véritable casse-tête pour la population. Cette situation affecte particulièrement les filles déplacées internes, qui sont exposées non seulement aux maladies hydriques mais aussi à l’insécurité lorsqu’elles partent chercher de l’eau, souvent au milieu de la nuit.

Le manque d’eau potable oblige de nombreuses familles à consommer de l’eau provenant de sources non sécurisées, notamment des rivières ou des points d’eau non traités. Cette situation expose la population à diverses maladies, notamment le choléra et d’autres infections liées à l’eau insalubre.

Les défis quotidiens des filles déplacées dans la recherche d’eau
Les filles déplacées témoignent  qu’elles sont particulièrement vulnérables face à ces risques sanitaires. Certaines d’entre elles expliquent qu’elles souffrent régulièrement d’infections et de diarrhées après avoir consommé de l’eau non potable. Dans plusieurs quartiers d’Uvira, l’eau ne coule dans les robinets qu’à partir de minuit. Par conséquent, certaines filles déplacées sont contraintes de sortir tard dans la nuit pour espérer remplir leurs bidons. Ces déplacements nocturnes comportent de nombreux dangers.

Certaines jeunes filles affirment avoir été agressées, violées  ou victimes de vols pendant qu’elles allaient chercher de l’eau.
« Nous partons parfois à minuit ou plus tard pour puiser de l’eau. C’est dangereux. Certaines filles ont été violées et d’autres ont perdu leurs téléphones pendant ces sorties nocturnes », témoigne une jeune déplacée rencontrée dans un quartier de la ville.

Face à cette situation, plusieurs victimes appellent les autorités à renforcer la sécurité afin de protéger les femmes et les filles qui se déplacent la nuit à la recherche de cette ressource vitale.

La pénurie d’eau potable a également un impact direct sur l’éducation des filles déplacées. Dans différents quartiers de la ville d’Uvira, la corvée d’eau fait partie du quotidien de nombreuses élèves. Certaines doivent se réveiller très tôt, parfois vers 4 ou 5 heures du matin, pour parcourir de longues distances à la recherche d’eau. Il leur arrive de marcher pendant deux à trois heures avant de trouver un point d’approvisionnement. Cette situation les empêche souvent d’arriver à l’école à temps. Certaines élèves affirment être sanctionnées pour leurs retards, malgré les difficultés auxquelles elles font face.
Pour tenter de réduire ces inégalités, certaines autorités scolaires organisent des séances de rattrapage afin d’aider les élèves déplacés qui ont du mal à suivre les cours au même rythme que leurs camarades.

Dans d’autres cas, les élèves s’entraident entre elles pour partager les notes et les leçons manquées.
Face à cette situation préoccupante, certaines organisations humanitaires tentent d’apporter des solutions pour soulager les populations déplacées en général et les déplacés en particulier. Monsieur Seth Buyonde, président urbain de la Croix-Rouge de la RDC à Uvira, indique que des actions de sensibilisation sont en cours pour encourager l’utilisation de produits de purification d’eau.

« Nous sensibilisons la population à l’utilisation des produits de purification pour traiter l’eau de la rivière afin de réduire les risques sanitaires et éviter que les femmes et les filles ne se déplacent la nuit pour chercher de l’eau aux robinets », explique-t-il. 

Il ajoute que d’autres projets sont en cours d’élaboration afin d’appuyer la Régie de distribution d’eau (REGIDESO) pour améliorer l’approvisionnement en eau potable et permettre à la population de bénéficier d’un service conforme aux normes. Les populations déplacées, en particulier les filles, demandent aux autorités et aux partenaires humanitaires de renforcer les efforts pour garantir un accès sécurisé et régulier à l’eau potable. Pour elles, il ne s’agit pas seulement d’un besoin vital, mais aussi d’une question de santé publique, de sécurité et d’égalité dans l’accès à l’éducation.

Article rédigé dans le cadre du projet HABARI  ZA MAHALI, financé par La Benevolencija Grands Lacs et exécuté à Uvira par le consortium UNPC Uvira-Fizi, COMEL-RDC et UFMP.

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