Dans la ville d’Uvira, à l’est de la République démocratique du Congo, les femmes petites commerçantes jouent un rôle essentiel dans la dynamique économique locale et la cohésion sociale. Présentes dans les marchés, les quartiers et sur les plateformes numériques émergentes, elles assurent l’approvisionnement en produits de première nécessité, soutiennent leurs familles et contribuent activement à la résilience communautaire. Pourtant, leur travail est fragilisé par la désinformation, les rumeurs et les messages haineux diffusés notamment via les réseaux sociaux et les groupes de messagerie.
À Uvira, ces femmes dominent une grande partie du commerce informel dont les produits agricoles, vêtements, poissons du lac, denrées importées ou artisanat local. Leur activités soutiennent la scolarisation des enfants, alimentent les circuits économiques transfrontaliers. Selon une femme petite commerçante du marché Kalimabenge contactée, malgré cela, leur rôle reste parfois invisibilisé, et elles sont fréquemment confrontées à des stéréotypes négatifs les décrivant comme « non professionnelles », « infidèles à leurs maris”, manipulatrices » ou « responsables de la hausse des prix ». Ces représentations injustes nourrissent un climat de méfiance qui fragilise leur position dans l’espace public et commercial.
Selon les acteurs engagés dans la recherche de la paix et la cohésion sociale à Uvira, les discours haineux peuvent exposer certaines commerçantes à des menaces, du harcèlement ou des violences. Dans un contexte où l’accès à la justice et à la régulation numérique reste limité, ces femmes disposent de peu de recours pour se défendre efficacement.
Selon les mêmes sources, la lutte contre la désinformation ne concerne pas uniquement les femmes commerçantes. Elle touche à des enjeux plus larges dont la protection des droits économiques des femmes, la promotion de l’égalité de genre, la stabilité sociale et économique locale, la confiance dans les échanges commerciaux. Ils ajoutent que les autorités locales, les leaders communautaires, les médias et les plateformes numériques ont un rôle clé à jouer pour créer un environnement sûr et équitable.
Selon cette source, investir dans la protection de ces commerçantes, c’est investir dans l’économie locale, la cohésion sociale et l’avenir des familles d’Uvira. Lutter contre la désinformation n’est pas seulement une question de vérité : c’est une question de justice, de dignité et de développement durable.
Article rédigé dans le cadre de la campagne Stop Intox, exécutée par l’ONG Groupe Milima, dans son propre intitulé ‘ Appui au renforcement de la cohésion sociale, inclusion des personnes déplacées et des groupes marginalisés, à travers la lutte contre les discours de haine et la désinformation avec l’appui financier de la GIZ QUALIPRO.

