Après le lancement de la riziculture dans la plaine de la Ruzizi et à Kalambi (territoire de Mwenga), c’est au tour du bas-fond de Kanyamuyange, situé à Kanonzi (non loin du camp des agents de Changala à l’INERA Mulungu, Kabare), d’accueillir cette nouvelle approche culturale. Cinq mois après le semis, l’heure est désormais à la récolte dans cette zone.
Il s’agit de variétés de riz adaptées aux conditions de bas-fond d’altitude, cultivées en milieu marécageux. Ce mardi 31 mars 2026, l’équipe de l’Institut National pour l’Étude et la Recherche Agronomiques (INERA) Mulungu, représentée par les agents de l’Antenne Riz, est descendue sur le terrain pour lancer la récolte. L’objectif principal est de produire des semences de base et de pré-base qui seront multipliées prochainement.

Un projet ambitieux pour l’innovation agricole
Interrogé par la cellule de communication de l’INERA Mulungu, l’Ingénieur Jean Claude Mongana Etia, Chef d’Antenne Riz, précise que ce projet a débuté en 2018 dans d’autres zones. L’introduction de cette culture en basse altitude vise non seulement à tester la viabilité du riz dans cette région, mais aussi à apporter des innovations techniques à Mulungu.
Quelles sont les variétés cultivées sur ce site ?
Trois variétés sont actuellement exploitées : la V046, la PICAGL et la Sanginga.
La variété V046 se distingue comme la mieux adaptée au climat local, avec un potentiel de rendement de 6 tonnes par hectare.Toutes ces variétés sont irriguées selon des protocoles culturaux rigoureux.

Techniques de production et étapes de recherche
« Les techniques sont simples, explique l’Ingénieur Mongana. Nos variétés sont adaptées aux conditions des bas-fonds irrigués. Avant toute chose, il faut identifier un emplacement disposant d’une source d’eau permanente. »
Une fois le terrain choisi, les travaux préparatoires s’enchaînent :
Fauchage et aménagement des casiers rizicoles.
Installation des canaux d’irrigation et d’évacuation d’eau.
Mise en place de pépinières (germoirs) pour une durée de 21 jours avant le repiquage.
Après la récolte, le processus scientifique se poursuit pour renforcer la recherche :
Multiplication semencière (production de semences de pré-base et de base).

Production de la souche.
Maintenance variétale pour préserver le matériel de base.
Purification pour garantir la pureté génétique et maintenir le potentiel de rendement des variétés.
Défis et perspectives
Malgré ces avancées, l’Antenne Riz fait face à plusieurs obstacles majeurs :
L’absence de bailleurs de fonds et de partenaires financiers sur le terrain.La destruction des cultures par les oiseaux.L’insuffisance de la main-d’œuvre.

Le traitement post-récolte :
Le riz récolté doit suivre un processus de séchage strict pour réduire son taux d’humidité. Lors de la récolte, celui-ci avoisine les 25 % ; il doit être ramené à 13 % ou 14 % pour une conservation optimale. La phase finale comprend le vannage, le triage et le pesage, avant l’emballage en sacs pour garantir une semence de haute qualité.
Par René BAGALWA
Responsable de la Cellule de communication de l’INERA Mulungu

