Uvira : les personnes vivant avec handicap exposées aux difficultés d’évacuation en cas de catastrophe

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Uvira, Sud-Kivu :Face aux inondations et autres catastrophes naturelles qui touchent régulièrement certaines zones du territoire d’Uvira, les personnes vivant avec handicap restent particulièrement vulnérables. À Sange, elles alertent sur les difficultés liées à leur mobilité, à la dégradation des infrastructures et à l’accès aux informations d’urgence, autant d’obstacles susceptibles de retarder leur évacuation vers des zones sûres.

La destruction ou la dégradation des routes, ainsi que la montée des eaux dans les cours d’eau, compliquent davantage les déplacements des personnes à mobilité réduite. Certains passages deviennent difficilement, voire totalement, impraticables, les exposant ainsi à des risques supplémentaires lorsque survient une catastrophe.

René Faradadja, conseiller de l’Association des personnes vivant avec handicap dans la cité de Sange, témoigne de cette réalité : « Lors des catastrophes naturelles, nous, comme personnes vivant avec handicap, nous nous retrouvons bloqués. Par exemple, lorsque les rivières sont inondées, les personnes vivant avec handicap sont incapables de traverser ces rivières. Dans ces cas-là, nous sommes bloqués et il y a déjà un problème de circulation pour ces personnes. »

Au-delà des obstacles physiques, l’accès à une information d’urgence rapide et adaptée constitue également un défi majeur. En situation de crise, les messages d’alerte doivent être accessibles à tous, y compris aux personnes ayant des déficiences auditives, visuelles, physiques ou autres. Le recours à des alertes sonores et visuelles, à des messages écrits accessibles et aux relais communautaires pourrait contribuer à améliorer la diffusion des informations avant que la situation ne devienne critique.

À Sange, les personnes vivant avec handicap plaident également pour la réhabilitation des routes et des voies de passage. Elles souhaitent que les infrastructures soient pensées et aménagées selon les principes d’accessibilité, afin de permettre à chacun de se déplacer et d’atteindre un lieu sûr, y compris pendant les périodes d’inondation.

Sifa Ocha Modestine, cheffe de la Division provinciale des personnes vivant avec handicap et autres personnes vulnérables au Sud-Kivu, insiste, pour sa part, sur la nécessité d’intégrer davantage le handicap dans les mécanismes communautaires d’alerte précoce, de préparation et d’évacuation.

La participation des personnes vivant avec handicap à l’élaboration des plans de prévention et de gestion des catastrophes apparaît ainsi essentielle. Leur implication permettrait d’identifier à l’avance les obstacles auxquels elles peuvent être confrontées et de proposer des solutions adaptées, notamment en matière de voies d’évacuation, de lieux de refuge, de moyens de transport et de communication d’urgence. Dans un territoire comme Uvira, régulièrement exposé aux inondations et à d’autres risques naturels, renforcer l’inclusion des personnes vivant avec handicap dans les dispositifs de prévention et de réponse constitue donc une priorité. L’accessibilité des systèmes d’alerte, la réhabilitation des infrastructures, l’identification de refuges accessibles et l’accompagnement des personnes à mobilité réduite sont autant de mesures nécessaires pour réduire leur vulnérabilité.

La prise en compte du handicap dans la gestion des catastrophes ne devrait pas être considérée comme une mesure secondaire. Elle doit faire partie intégrante des mécanismes de prévention, d’alerte et d’évacuation afin que chaque personne puisse être informée à temps, comprendre le danger et accéder à un lieu sûr dans des conditions dignes et équitables.

Article rédigé dans le cadre du projet HABARI ZA MAHALI, financé par Benevolencija et exécuté à Uvira par le consortium UNPC, COMEL-RDC et UFMP.

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